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Au sommaire de Mai-Juin 2007
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Le 30 juin et le 1er juillet, Caen va se donner des airs de Deauville ou de Cannes. L’hippodrome de la Prairie recevra en effet pendant deux jours des dizaines de voitures de prestige et de voitures de sport construites avant 1975. Invitées d’honneur de ce Rétro-Festival : les marques Rolls-Royce et Bentley.
La plus prestigieuse des marques britanniques est le fruit de la rencontre entre un jeune aristocrate, Charles Rolls, troisième fils de Lord Llanganock, et Henry Royce, un homme d’origine modeste devenu ingénieur électricien à la force du poignet. Un bourreau de travail qui s’engloutit seize heures par jour dans la fabrication d’une voiture de son invention, aussi fiable et élégante que silencieuse. Mais c’est la France qui a pris de l’avance dans l’invention des véhicules à moteur, et le magasin huppé de Charles Rolls, à Piccadilly, ne vend que des voitures importées. Such a pity! C’est par l’intermédiaire du Royal Automobile Club que l’aristo
va rencontrer le mécano. Après un essai du prototype mis
au point par Henry Royce, Charles Rolls, emballé, s’engage à
vendre dans son magasin londonien toutes les voitures que Royce pourra
produire. Ce dernier lance aussitôt la fabrication de seize voitures
qui seront commercialisées sous le nom de Rolls-Royce dès
l’automne 1904. Près d’un siècle plus tard, le nom de Rolls-Royce existe toujours, même si la marque a été rachetée par BMW en 2002. Et ce nom fait toujours rêver. Ainsi c’est en 2000 que le caennais Michel Leneveu tombe sous le charme de la Silver Cloud, un modèle créé par Rolls-Royce entre 1955 et 1966. Michel Leneveu en possède les trois modèles, qu’il propose à la location. « Ce sont des voitures de légende, assemblées à la main. Certaines ont été réalisées à quelques centaines, voire quelques dizaines d’exemplaires seulement » explique l’heureux collectionneur. Puis l’idée lui vient d’organiser un événement festif à Caen autour de ces voitures de rêve. Le « Rétro-Festival » se tiendra donc le 30 juin et le 1er juillet à l’intérieur de l’hippodrome. L’événement souligne les cinquante ans de la section française du Rolls-Royce Enthusiasts’ Club à laquelle appartiennent de nombreux participants. « Je souhaite présenter toutes les voitures de légende
construites avant 1975, avec les marques Rolls-Royce et Bentley comme
invitées d’honneur » précise Michel Leneveu, qui attend
entre 200 et 300 participants venus de toute l’Europe. Le dimanche 1er juillet, parade de motos anciennes et défilé
de mode.
Caen will briefly look more like Brighton this summer, when its racecourse becomes the venue for a weekend vintage and classic car event. The ‘Rétrofestival’ will feature vehicles built prior to 1975 and to mark the fiftieth birthday of the French branch of the Rolls-Royce Enthusiasts’ Club, the guests of honour will be Bentleys and Rolls-Royces. The story of the world’s most prestigious make of car began a century ago. Charles Rolls, third son of Lord Llanganock, ran a Piccadilly car showroom where he sold imported vehicles, while Henry Royce was an electrical engineerof far more modest social origins, whose prodigious hard work resulted in the design of a reliable and elegant car with a particularly quiet engine. The two met by the good offices of the Royal Automobile Club, and by the autumn of 1904, Rolls was selling all the cars that Royce could build, under the Rolls-Royce brandname. Producing the finest and most expensive cars in the world, Rolls-Royce rapidly came to dominate the market, going as far as to take over Bentley in 1931. A hundred years after it came into existence, the name lives on, though the company itself was bought by BMW in 2002. One of the most fervent admirersof these hand-built cars and the man
behind the Rétrofestival is Michel Leneveu, who owns several Silver
Clouds (available for hire). This summer’s event’s purpose is ‘to display
all the legendary cars built before 1975’. For more information, log onto the Website www.retrofestival.fr.
Au mur, deux rangées de fours dernier cri. Un îlot central offre des plaques de cuisson classiques et un tepanyaki, une géniale plaque de cuisson japonaise. Le chef ne porte pas de toque mais une casquette. Vous faites partie d’un groupe de huit personnes qui va avoir le privilège de passer deux ou trois heures en compagnie d’un grand professionnel à élaborer des plats que vous pourrez ensuite emporter ou déguster sur place. Rendre la cuisine accessible aux débutants et partager cet art de vivre, c’est le principe des Toques Rebelles, qui connaît un succès foudroyant. 300 personnes fréquentent de façon ponctuelle ou régulière cette académie de cuisine d’un genre nouveau. Le programme des cours est publié chaque trimestre dans le magazine des Toques Rebelles. Il vous suffit de choisir celui qui vous intéresse et de réserver. C’est le principe des cours « à la carte ». Mais vous pouvez aussi rejoindre la quarantaine de « membres du gang », de vrais piliers de l’académie de cuisine. Le cours du midi (le « Lunch Rebelle »), d’une durée de trois quarts d’heure, offre l’avantage d’être ensuite dégusté sur place par ceux qui l’ont préparé. L’après-midi, des cours de deux ou trois heures permettent d’élaborer une entrée et un plat de résistance, ou un plat et un dessert. D’autres formules sont disponibles, comme le « Rebelle trois étoiles » (préparation d’un menu entier), « la cuisine des placards » (transformer ce qu’on a sous la main), la « soirée célibataires » (peut-être pour ne plus le rester…) Des cours sur mesure sont aussi organisés à la demande pour un groupe de huit personnes. On peut ainsi venir préparer un dîner d’anniversaire avec les copains, puis le déguster sur place, ou bien l’emporter. Toques, oui, mais pourquoi « rebelles » ? « Nous sommes rebelles dans le bon sens du terme, indique Fanny Aubert, porte-parole des Toques Rebelles. Être rebelle, c’est refuser l’idée que le monde est figé. Ainsi pour nous la cuisine, c’est un univers contemporain. Notre équipement est ultramoderne, notre cadre design et nous proposons des plats qui sortent des sentiers battus. Notre cuisine est inventive, contemporaine et différente ». Ainsi, au programme du mois de mai, de la cuisine antillaise, « les bonbons en cuisine » (fraises tagada, carambars…), « le poivre dans tous ses états » (pavé de thon au Séchouan, fraises poêlées au poivre…) Les enfants ne sont pas oubliés : Stéphane Carbone, le chef de l’Écailler à Port-en-Bessin, initie le mercredi matin les « P’tits Rebelles » aux joies de la cuisine. Le grand Michel Bruneau, qui a ébloui Caen avec ses deux étoiles
au Michelin au bon temps de la Bourride, a rejoint les Toques Rebelles
où il officie deux fois par mois. La clé de l’esprit Rebelle,
c’est la convivialité, l’absence de compétition, l’ouverture,
l’échange, l’écoute. Des chefs habitués à
régner sur leur brigade en cuisine ont la patience de se mettre
au niveau des débutants.
Normandy’s cuisine is all too often synonymous with death-defying dishes where the ingredients have been fried in butter, flambéed in calvados, drowned in cider and smothered in double cream. It does not have to be that way, however, and a band of so-called ‘rebel’ chefs have set out to promote a resolutely new and inventive style of cooking, in an appropriately sleek and contemporary setting, using sophisticated, cutting-edge appliances. Intended to introduce novices to the skills and above all the pleasures of the culinary arts, Les Toques Rebelles has proved a runaway success, with some three hundred people attending this novel academy on a more or less regular basis. The ‘menu’ of sessions is published in a magazine for customers to pick and choose from. The popular Tuesday lunch sessions, very reasonably priced at 15 euros, last three-quarters of an hour and participants stay to eat what they have cooked, while the longer afternoon themed sessions include the preparation of a starter and a main course or a main course and dessert. Other packages are available, such as the three-course ‘Rebelle trois étoiles’ (75 euros), improvisations based on produce straight from the market, and singles evenings. Special sessions, such as birthday treats, can be arranged on request for groups of eight. Every Wednesday morning, chef Stéphane Carbone from L’Ecailler
in Port en Bessin teaches cookery to groups of youngsters (P’tits Rebelles),
while those who lament the closing of La Bourride, Caen’s one and only
restaurant to have been awarded two Michelin stars, will have found solace
in the news that its chef Michel Bruneau now stages twice-monthly sessions
at the academy. As contemporary society becomes increasingly hedonistic, the academy
clearly meets a new and growing need.
Ken Tatham est originaire du Yorkshire, de Leeds exactement. Après
le bac, il roule sa bosse à travers l’Europe et rencontre Christiane,
sa future épouse, en 1965 à Paris. Les parents de la jeune
fille possèdent une résidence secondaire à Saint-Céneri-le-Gérei,
« un petit pays charmant ». Ken a le coup de foudre autant
pour ce village que pour Christiane. « Ça a été très dur au départ parce que dans une petite commune les moyens sont très, très limités. Il a fallu se bagarrer. Notre église - classée - était en train de s’écrouler. Personne ne voulait nous aider, alors nous nous sommes rendus très désagréables. Grâce au journaliste Jean-Marc Sylvestre, nous avons eu accès à la télévision. On est passés sur les ondes du monde entier, Japon, États-Unis, Grande-Bretagne… Et finalement nous avons eu gain de cause. Nous avons rétrocédé l’église au Département. Et puis on se bat pour le patrimoine et pour l’histoire car Saint-Céneri a un passé pictural très important. Tous les ans, nous organisons à la Pentecôte une “Rencontre des peintres et sculpteurs”. Ils exposent chez les habitants. Cette année, c’est la vingt-et-unième édition. Nous recevons 15 000 personnes pendant ces trois jours. En tant qu’Anglais, qu’est-ce qui vous a le plus étonné
dans la gestion quotidienne d’une mairie en France ? Et la paperasserie ? Si vous aviez trois vœux à formuler pour améliorer
la vie municipale ? Quoi d’autre ? Comment voyez-vous l’avenir de votre village ? Vous avez parrainé quelqu’un pour la présidentielle
? Ken Tatham took what could be described as the scenic route from his native Leeds to the tiny Normandy village of Saint Céneri le Gérei, where he has lived for over thirty years. As soon as he had finished with his A-levels, he set off to work his way around Europe. In Germany, he found a job as an interpreter, in Switzerland, he was employed at a watch factory, in Spain he sold apartments and in Paris he worked as a sales rep. It was there that he met his future wife Christiane, and two years later, they were married in Saint Céneri, where his parents-in-law had a second home. After their first son was born, the couple decided to move to the country and for the next twenty years they ran a restaurant in the village. Since then, Ken has successfully turned his hand to a variety of occupations. He currently divides his time between acting as a consultant for people intending to move to France and renovating a property in the village. Ken is currently into his second term of office as mayor of Saint-Céneri.
He was elected mayor in 1995. Saint Céneri has a population of just 140. There are no doctors, no schools and no Post Office. Being the mayor of such a small village can be hard-going,as there is so little financial room for manoeuvre. One early battle was over the local church, a listed building that was in urgent need of repair. ‘Nobody wanted to help us, so we made ourselves very unpopular!’ With the help of a journalist, he was able to state his case on television and eventually the Orne department council agreed to take on responsibility for the building. ‘We’re fighting to protect our heritage’. If Ken Tatham had three wishes, apart from getting rid of the ‘abominable’ amount of paperwork, his first wish would be for greater tolerance and understanding on the part of local people. He would welcome the possibility of exercising police powers, given that heis the one who is ultimately held responsible whenever there is any trouble. ‘People have no sense of civic responsibility, they don’t realize they’re being a nuisance to others. Residents park wherever they please… It’s all very French and it makes me very cross.’ That said, he has no regrets, although if he were to have his time again, he would not be quite as ready to listen to people’s grievances. Saint Céneri is a listed village. Its picturesque surroundings have been immortalized on canvas by several famous artists, including Corot and Courbet, and its annual Whitsuntide festival of painting and sculpture attracts thousands of visitors. The inevitable consequence of this is that many of the houses in the village are now used as holiday homes, standing empty for much of the year. Foreigners prepared to pay a premium have pushed property prices up so much that young people can no longer afford to buy homes in the area. Ken worries that this will have a negative impact on the village’s future.
Qui aurait pu imaginer, en 1947, quand Éric et Nicole Pellerin ont créé le jardin botanique de Vauville, qu’un jour y prospérerait une flore australe très sensible au froid ? Il fallait une sacrée dose de passion et un esprit pionnier pour dompter les falaises balayées par les vents du Nord-Cotentin où seules les bruyères semblaient avoir droit de cité. La mer, située à moins de trois cents mètres, a rythmé la construction du jardin depuis ses débuts. Si le gel est rare (le Gulf Stream réchauffe cette pointe isolée de la Hague), le vent d’ouest, chargé du sel des embruns, est redoutable. Il assèche, déchire et taillade la végétation de la falaise. Seule solution pour le contrer : installer des haies brise-vent naturelles. Bambous, palmiers, phormiums… Les végétaux les plus robustes ont été associés en masse pour protéger les plantes les plus délicates des assauts des tempêtes. En aménageant ce jardin, vert toute l’année, Éric Pellerin et son épouse, Cléophée de Turckheim, ont relevé avec brio le défi de la nature. Palmiers de Nouvelle-Zélande, eucalyptus de Tasmanie, bananiers et autres plantes subtropicales ont fini par admettre qu’ici, autant qu’ailleurs, la vie est bonne à prendre. Conçu comme un panaché luxuriant de feuillages persistants, le jardin botanique de Vauville présente une palette de verts infinie, un camaïeu d’une remarquable variété allant de l’argenté au vert le plus profond. Au milieu de cette folie végétale, tous les sens sont en éveil. Echium de Madère, hortensia merveille sanguine, palmier-chanvre,muguet en arbre, arbre aux faisans, Cryptomeria japonica… Déjà, les noms de plantes incitent au rêve. Déjà leur parfum interpelle le promeneur, comme l’euphorbe et sa délicate odeur de miel ou le Colletia cruciata qui fleure bon la vanille. Çà et là, quelques notes de couleur percent dans les chambres de verdure. Tout l’hiver, l’arbuste aux lanternes du Chili expose ses coquets boutons rouges. Plus loin, le feuillage chocolat de la Cordyline australis ‘Purpurea’ ne laisse personne insensible. Et près du château, la voûte bleue des eucalyptus, vrillés par la tempête dévastatrice de 1987, offre une halte apaisante aux promeneurs. Le jardin botanique de Vauville, surnommé « le Jardin du voyageur », est connu et reconnu par les scientifiques et les amateurs de jardin du monde entier. Il a d’ailleurs reçu le prix de la French Heritage Society en 2005 et celui de la banque suisse Pictet en 2006. Chaque année, 10 000 à 15 000 personnes se laissent charmer par cette création unique où les plantes poussent naturellement, sans contraintes, dans un apparent désordre poétique, offrant un spectacle renouvelé tout au long de l’année. Jardin botanique de Vauville At the northwesternmost tip of the Cotentin Peninsula, where usually nothing much survives other than gorse and tough, wiry heather, the Château de Vauville offers an extraordinary spectacle, surrounded by exotic flora growing in astonishing profusion. Here, basking in the mild climate offered by the Gulf Stream, more than 500 subtropical species from the southern hemisphere grow happily out of doors all year round. It was in 1947 that Eric and Nicole Pellerin began planting the botanical garden. Just metres from the cliffs, its design was dictated by the proximity of the fierce Atlantic, and an early decision was to plant a shelter belt of bamboo, palmtrees and phormiums to shield the tender specimens from the searing, salt-laden westerlies. Today, the gardens are in the capable hands of the couple’s son Guillaume, an architect and landscape gardener, and his wife Cléophée de Turckheim. Together, they have extended the garden to its present area of four hectares, taking advantage of the natural contours of the land. To begin with, Vauville is a year-round tapestry of greens, ranging from silvery tints to more sombre hues, but other colours are injected by the crimson lanterns of the Chilean Crinum hookerianum, the gigantic lavender spikes of the echiums from Madeira and the blue foliage of the eucalyptuses, twisted into fantastic shapes by the storm of 1987… Perfume comes in the form of the honeyed scent of the aptly-named Euphorbia mellifera and the wafts of vanilla from Colletia cruciata. Water is a feature of Vauville: a stream running through the property has been diverted to feed a series of pools edged with damp-loving species such as the elephantine gunneras, the royal fern Osmunda regalis and crinums, with their pink trumpet flowers. Only one area remains bereftof tender exotics, and that is the magnificent clifftop grassy terrace looking across the sea to Alderney. Up to 15,000 visitors come each year, and the gardens are open on Saturday and Sunday afternoons from April 7th onwards (every afternoon from May to September). Guided tours are available, but visitors are also free to wander unaccompanied.
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