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Evénement
C'est l'histoire d'un mec... en or
De Fécamp à Dieppe, de Mont-Saint-Aignan à Déville-lès-Rouen, la Normandie a vu
s'épanouir le talent du basketteur Tony Parker, devenu cet automne le sportif français
le plus coté de l'histoire. Tout enfant, il était déjà professionnel jusqu'au bout des
ongles. Il vient de signer un contrat avec les Texans du San Antonio Spurs qui lui laissera
8,6 millions d'euros par an. Ce Normand de coeur voulait "botter le cul des Américains". Il
y a réussi.
À vingt-deux ans, Tony Parker, l'ex-petit basketteur prodige de Mont-Saint-Aignan, est devenu début novembre le sportif français le mieux payé en signant un nouveau contrat de 51,8 millions d'euros sur six ans avec le club des San Antonio Spurs, champion de NBA. Oui, avec 8,6 millions d'euros par an, Tony vient de dépasser Zizou (Zinédine Zidane, bien sûr) qui ne coûte annuellement "que" 6,4 millions d'euros à la trésorerie du Real Madrid !
Commentaire à chaud de notre basketteur en or : "Je suis fier... Je trouve que c'est
quelque chose d'énorme. Je sais que ma famille est aujourd'hui en sécurité. C'est très
important pour moi, car maintenant, je vais avoir des ailes... Et vous n'avez encore rien vu".
Alors, l'histoire extraordinaire de Tony Parker, on vous la raconte ?
D'abord et avant tout, c'est l'histoire d'un mec... qui veut être encore et toujours le premier, le meilleur, le gagnant. Tout gamin, au jeu du premier qui touche le mur d'en face, qui monte dans le bus ou qui attrape le ballon, Tony est imbattable. Nous sommes en Normandie, dans le pays de Caux où la famille Parker s'est installée. Une saison de foot au FC Dieppe, puis une année de basket chez les poussins de Fécamp : du haut de ses onze ans, notre loustic choisit d'être basketteur professionnel comme papa qui, après avoir tâté de la NBA aux États-Unis, est venu faire carrière
en Europe, notamment aux Pays-Bas où il a rencontré Pamela, devenue son épouse.
Chez les Parker, le sport fait partie de l'éducation et les enfants (Tony a deux jeunes frères, Terence et Pierre) apprennent vite. Tony senior expédie rapidement son fils dans le meilleur club formateur de la région, à Déville-lès-Rouen.
"J'ai vu débouler un phénomène : un gamin capable de monter la balle sur toute la longueur du terrain sans se la faire prendre, c'est très rare !" se souvient Nathalie Abrahame. "Il a tout de suite été le moteur de l'équipe... et il disait déjà qu'il allait jouer plus tard en NBA".
Aux entraînements du club s'ajoutent ceux du père… à la mode américaine, avec des défis personnels permanents et avec la concurrence de Terence. En 1996, Tony entre au pôle Espoirs de Haute-Normandie à Mont-Saint-Aignan où il est le plus jeune - et le plus petit.
"Il ne savait pas bien shooter et il n'avait pas de main gauche : je voulais qu'il travaille là-dessus… mais il me faisait comprendre qu'il marquait quand même cinquante points par match, en jouant sur ses seuls points forts… et cela quand il le voulait " raconte Pascal Pisan, son entraîneur de l'époque. " Doué, mais aussi têtu comme une bourrique. Très perso, puisqu'il savait qu'il pouvait tout faire seul. Il a dû apprendre à jouer avec les autres, apprendre à tenir ce rôle de meneur de jeu. Et puis, pour vraiment le pousser à fond sur le terrain, nous avons assez vite trouvé le truc :
il fallait le vexer. C'était la clef !"
Et ça pulse de plus en plus sur les hauteurs de Rouen pour Tony et ses potes. Alexis Rambur, son meilleur copain, se souvient :
"C'était le régime basket tous les jours et même deux ou trois fois par jour. Et quand nous passions à autre chose, en avant pour le roller ou le hockey dans la rue. Même les coaches nous demandaient de ralentir !"
Ce p'tit Tony est déjà grand, puisque sous ses nouvelles couleurs du club de Mont-Saint-Aignan,
il envoie l'équipe Minimes en finale nationale au printemps 1997... avant de filer, lui, à
l'INSEP.
Tout va continuer vite, très vite. Deux années de formation sous la houlette de Lucien Legrand qui constate que "ce garçon possède des qualités d'écoute et d'observation exceptionnelles. Au départ, il était surtout joueur, mais il a vite appris à travailler. Pas vraiment un gros bosseur, mais un gars qui travaille en qualité, qui prend ce dont il a besoin pour progresser. Il sort complètement des schémas traditionnels".
En 2000, Tony Parker devient, à dix-sept ans, champion d'Europe Juniors sur les planchers croates où, aux dires des spécialistes, ce remarquable scorer montre enfin qu'il sait aussi être un véritable organisateur de jeu, un chef de bande... Et cette même saison, sous le maillot du Paris-Basket-Racing, il s'affirme comme l'espoir numéro un de Pro A. L'année suivante, il est considéré comme l'un des trois meilleurs joueurs français et Ron Stewart, l'entraîneur américain du club parisien, n'hésite pas à affirmer : "Maintenant, tu es prêt pour la NBA".
À dix-neuf ans, le petit Français se retrouve ainsi un soir de juin 2001 devant les caméras de télévision au Madison Square Garden de New York. Pour quelques poignées de mains "en direct" avec le patron de la NBA et celui des San Antonio Spurs… car il est retenu dans l'équipe-vedette du Texas. Boston et Orlando ont boudé ce gaillard "taillé comme une sauterelle", mais San Antonio l'a drafté sur les recommandations répétées que R.C. Bufford, le scout (le recruteur) des Spurs, qui l'avait découvert un an plus tôt lors d'un rassemblement d'aspirants à la NBA : "Au milieu de tous
ces gars qui sautaient dans tous les sens, il faisait ce qu'il avait envie de faire, il jouait son jeu sans se soucier du reste. J'ai tout de suite compris qu'il était différent des autres Européens : il voulait, lui, botter le cul des Américains".
D'abord sceptique, le coach des Spurs, Gregg Popovich, accorde sa chance à Tony Parker - sans trop d'enthousiasme : "On va voir. Pour sa première année de rookie, le "French kid" devrait pouvoir faire une dizaine de matches avec nous".
Mais tout s'accélère encore : dès la cinquième rencontre, Tony Parker se retrouve dans un cinq majeur (celui du début de match) de son équipe. En moins de deux saisons, il devient le meneur de jeu - le plus jeune de l'histoire de la NBA - des Spurs dans ce championnat 2002-2003, qui le conduit directement au titre. En quelques mois, "TP" a été promu au rang de star à San Antonio !
"Un titre en NBA, c'est énorme. Comme le plus beau des rêves et même mieux, puisque c'est la réalité : le trophée, nous l'avons là devant nous !" Cette folle nuit-là, celle du 15 juin 2003, le "French kid", qui pose et repose pour les photographes, avec un gros havane à la bouche, lâche aussi : "Depuis que je joue en NBA, le moment le plus fort, c'est celui où me suis retrouvé en face de Michael Jordan, mon idole. Oui, j'ai eu la chance de jouer contre lui, avant qu'il ne prenne sa retraite, et je n'oublierai jamais ces instants-là ".
Cet automne, lors des discussions (interminables) pour le renouvellement du contrat du
Français, Gregg Popovich n'hésite pas cette fois à se mouiller dans la presse texane pour
garder son meneur de jeu : "Tony vaut 66 ou même 68 millions de dollars !" L'affaire
se traite à 51,8 millions d'euros. Un pactole qui installe Tony Parker au sommet de la
hiérarchie française, devant les footballeurs Zidane, Vieira et Henry et devant Tariq
Abdul-Wahad, l'autre basketteur français qui a réussi aux États-Unis.
"Je veux gagner d'autres titres avec les Spurs" annonce Tony Parker, en ajoutant qu'il entend aussi gagner d'autres beaux trophées avec les Bleus. " Non, je n'oublie pas l'équipe de France. Nous avons raté la qualification pour les Jeux d'Athènes à la suite de notre échec en phase finale de l'Euro 2003 mais je pense maintenant à l'Euro 2005, au Mondial 2006 et surtout aux Jeux 2008. Vous savez, quand nous avons joué la finale des Jeux de Sydney en 2000 et laissé l'or aux Américains, nous avons juré, entre potes, que nous serions à leur place en 2008 à Paris. Depuis, on sait que
les Jeux auront lieu à Pékin... Mais pourquoi pas un sacre là-bas, en Chine ?"
Et Tony Parker, plus gagneur que jamais, de brandir, une fois encore, la casquette offerte
par sa mère, Pamela, lors de son départ pour les États-Unis. Une casquette qui porte une
inscription soigneusement incrustée sur le devant : "No Fear" (pas peur). C'est la devise
de notre jeune homme, qui n'oubliera jamais qu'il a appris son métier... en Normandie. Et c'est
réciproque : la ville de Mont-Saint-Aignan, en Haute- Normandie, vient de donner son nom
à un centre sportif.
Why Tony Parker is having a ball
It's official: France's highest-paid sportsman is twenty-two-year-old
Tony Parker, who has just signed a six-year contract extension with the NBA champion club
San Antonio Spurs. With an annual salary of 8.6 million euros, he has now overtaken Zinédine
Zidane. His remarkable rise to fame - and fortune - began in Upper Normandy where, as a small
boy, he briefly dallied with football before joining Fécamp's junior basketball team. At
eleven, he had already decided to become a professional like his father, who had a brief
spell as an NBA player in the United States before pursuing his career in Europe.
All three Parker sons were exposed to sport at an early age and excelled at it. Tony's father
sent him to the region's best training club, Déville-lès-Rouen, where coach Nathalie Abrahame
watched in amazement as the newcomer took the ball the entire length of the court without
being intercepted. 'He immediately became the team's driving force'.
Club training sessions were supplemented by individual ones with his father, in true American
style. And such was his progress that, in 1996, Tony joined the team of Upper Normandy's
most promising players at Mont-Saint-Aignan, where he was the youngest - and the smallest.
At that time, he was 'gifted but as stubborn as a mule', according to the coach there, Pascal
Pisan, who discovered that the best way of making him put his all into a match was to make him
mad!
At that time, Tony was playing basketball not just once but sometimes two or three times a
day, as his best friend remembers - 'Even the coaches asked us to slow down!' He stayed with
the Mont-Saint-Aignan club long enough to see his team reach the French final in the spring
of 1997, then spent two years at the INSEP national sports institute, playing in the winning
team of the 2000 Europe Juniors championship in Croatia, where he proved that he was not just
a good individual player but also knew how to organize his team. That same year, he joined the
French A League club Paris Basket Racing. Before he was twenty, he was ranked as one of
France's three best players and the American-born coach of his Parisian team declared that
he was now ready for the NBA. Then it was off to Madison Square Garden in New York for a
televised handshake with the bosses of the NBA and San Antonio Spurs.
It was Spurs scout R.C. Bufford who had spotted him the previous year, and although the team
coach was sceptical, he agreed to give Tony a chance. Things then started to move fast:
Tony was soon starting all the regular season contests, and on June 15th 2003, he helped to
lead his team to the NBA championship. For him, though, 'the greatest moment since joining the
NBA was when I found myself facing my idol Michael Jordan, just before he retired'.
Tony is hoping to help his American team win other titles, though he is not about to forget
the French national team. 'We failed to qualify for the Athens Games, but I'm now looking
ahead to Euro 2005, the 2006 world championship and, above all, the 2008 Olympics. When we
played in the final of the Sydney 2000 Games and conceded the gold medal to the Americans,
we swore that we would get their place on the podium in 2008'. At that, he brandishes the
cap his mother gave him when he moved to the States. On it must surely be his motto: 'No Fear'.
Que se passe-t-il en Normandie ?
Le grain de sel d'Albert du Roy :
LE PETIT NICOLAS
Les héritiers de René Goscinny et le dessinateur Sempé pourraient légitimement
s'indigner et crier à l'usurpation, au piratage, au kidnapping ! Voilà qu'un autre
"Petit Nicolas" vient concurrencer l'adorable gamin qu'ils avaient créé. Il est vrai que nos
enceintes politiques, avec leurs chamailleries, leurs facéties, leurs persiflages, ressemblent
souvent aux cours de récréation de la célèbre BD… Il n'en reste pas moins que le ministre de
l'Économie (pour quelques jours encore) a lancé une OPA sur le rôle-titre : on n'échappe guère,
désormais, au Petit Nicolas de Bercy. Pas un jour où son hyperactivité ne soit médiatisée. Par
un livre d'entretiens, il vient même d'investir le champ du religieux où on ne l'attendait guère.
Et croyez-moi (tant pis pour les sarkophobes !) cela ne fait que commencer. Sarkozy était
trépidant à l'Intérieur, bouillonnant aux Finances, il sera déchaîné à la présidence de l'UMP.
Tout l'y incite : son tempérament impétueux, ses convictions profondes et son ambition,
évidemment, qui est de réformer la France du sol au plafond. Cet homme est une tornade blanche.
Mais la vie politique est ainsi faite qu'avant d'affronter ses adversaires (en l'occurrence la
gauche et l'extrême droite), il faut faire le vide dans son propre camp. Voilà donc venu le
temps du face à face entre le Petit Nicolas et le grand Jacques. Et croyez moi encore
(tant pis pour les chiracolâtres !), le second, tout président qu'il est, ne part pas gagnant !
Soit il veut jouer à "J'y suis, j'y reste", et la bagarre sera frontale, publique, au grand
jour, les électeurs trancheront. Soit il ne voudra pas livrer le combat de trop, et il n'aura
de cesse, plus sournoisement, de mettre des bâtons et des concurrents dans les roues de ce
"fils rebelle" auquel il ne pardonne pas de l'avoir un jour trahi.
Dans la BD, il y a Agnan le fayot, Alceste le morfal, Eudes le costaud... Douste-Blazy, Villepin,
Raffarin : distribuez les rôles… Mais c'est le Petit Nicolas qui emporte les suffrages.
Un présage ?
COMIC RELIEF
René Goscinny and Sempé, creators of the famous 'Petit Nicolas' comic strip character,
must be turning in their graves. For a new 'Petit Nicolas' has arrived on the scene who bears
little resemblance to the adorable lad they fathered. It is all very well to say that the
political arena, with its squabbling, joshing and joking, often resembles the school
playground in the comic strip, but the fact remains that France's Finance Minister (for a few more days
at least) has launched a strong takeover bid for the title role, and there is no escaping
the ministerial Petit Nicolas now. Not a single day goes by without media coverage of his
hyperactive existence. With the recent publication of a book of interviews, he has even
entered the religious sphere - something we certainly had not bargained for. And, I have
to tell all you Sarkophobes out there that there is plenty more where that came from.
Sarkozy was a live wire at the Interior Ministry and positively effervescent at the Finance
Ministry, but there will be no holding him at the head of the UMP party. He has everything going for him: an impetuous temperament, deep-felt
convictions and, of course, an overweening ambition to reform France from top to bottom.
This man is a whirlwind.
But the nature of politics means that before one can face one's opponents (in this case the
left and the far right), one first has to get one's own side on board. So the time has come
for the clash between Little Nicolas and Jacques, the playground bully. And, I have to tell
all you Chirac groupies out there that even being a president may not be enough to stop him
being beaten. If he decides to play at 'Here I am and here I stay', the clash will be head-on,
very public and in the full media glare, with the electorate making the final decision.
Then again, he may prefer to play a cunning waiting game, constantly putting spokes
(and rivals) in the wheel of this 'rebellious son' whom he cannot forgive for having once
betrayed him.
In the comic strip, there is Agnan the crawler, Alceste the greedy pig and Eudes the strongest
boy (who would their political alter egos be (Douste-Blazy, Villepin and Raffarin, perhaps?),
but Petit Nicolas is always the most popular. Could this be a sign?
Economie
Honfleur, l'imagination au pouvoir
Michel Lamarre est un élu atypique. Écolo indépendant, il ne se prend pas au sérieux
mais prend sa ville (8 500 habitants) très au sérieux. Il pourrait laisser les promoteurs
la transformer en Disneyland. Aucune chance : Honfleur, même s'il se développe, ne perdra ni
son coeur, ni son âme.
"Honfleur est une très vieille dame qui a près de mille ans mais qui sait sans cesse
conquérir, charmer, séduire, rappelle Michel Lamarre, maire de Honfleur. Elle est la ville
des amoureux, la ville de la peinture, et de plus en plus la ville de la plaisance. Elle est
aussi la ville de l'industrie. On n'y pense pas, mais Honfleur, c'est 1 300 emplois directs
liés à l'industrie, c'est 475 commerces dont 90 galeries de peinture, 140 restaurants, un
millier de chambres d'hôtel... Honfleur n'est pas tombé dans le tout-tourisme. Les Honfleurais
sont toujours là. On fait tout pour retenir nos habitants. On embellit la cité d'une telle
façon que les Honfleurais ne peuvent plus la quitter !
Vous souhaitez redonner à Honfleur son deuxième bassin qui existait avant-guerre ?
- Oui, nous allons creuser un deuxième bassin et créer un nouveau quartier qui sera réservé
aux habitants à l'année.
Les Honfleurais sont encore, c'est heureux, très nombreux dans leur cité. Et grâce à eux,
cette ville a une âme. C'est pourquoi les élus ont souhaité des logements sociaux de grande
qualité, une maison des jeunes, une maison de la formation et de l'emploi, des bureaux, des
commerces, et une grande place à l'entrée d'Honfleur, qu'on appellera la place Samuel de
Champlain. Ce sera un quartier vivant, dynamique et écologique, entouré d'une bande de 50
mètres de verdure où prendra place une piste cyclable. Et, comme nos greniers à sel sont
saturés, nous construisons aussi deux grandes salles de 500 mètres carrés en bois avec une
couverture en verre. On pourra louer ces salles pour organiser des événements. Cette nouvelle
zone couvrira deux hectares dans le prolongement du nouveau bassin.
Pourquoi ce deuxième bassin ?
- Pour donner deux jambes à Honfleur. Le quartier Sainte-Catherine s'est beaucoup développé
grâce au vieux bassin, il est devenu populaire, très touristique, assez riche au niveau
culturel. De l'autre côté, nous avons le bassin du centre, construit sous Louis XV, mais
que la guerre a bouché, comme elle avait bouché le vieux bassin.
Ce deuxième bassin sera destiné à la plaisance. Il manque en France 4 500 places pour des
bateaux et le vieux bassin, avec ses 100 places, est saturé. Le nouveau bassin pourra en
offrir 150, et, ce qui est important, en centre ville.
On dit que si Honfleur était un monument, il serait le plus visité de France.
C'est vrai ?
- Honfleur reçoit 3 500 000 visiteurs chaque année. Il se situe au treizième rang des
villes les plus visitées, juste derrière Monaco.
Vous revendiquez votre étiquette de maire écologiste ?
- Absolument ! Tout d'abord l'écologie n'appartient à personne mais il y a ceux qui en font,
ceux qui en parlent et ceux qui voudraient en faire. Moi, j'essaie d'en parler, et j'essaie
surtout d'en faire. Ainsi il y a une zone de dix hectares de roselières au bord de la Seine.
Au lieu de la confier à des promoteurs, nous allons y faire un "jardin des personnalités"
qui présente l'histoire de la ville au cours des mille dernières années.
La ville s'est aussi rénovée de façon spectaculaire ces dernières années.
- Nous avons rénové 255 façades, refait l'éclairage de plusieurs kilomètres de rues,
replanté 25 kilomètres de haies dans la campagne ; et nous allons recréer 300 mares sur le
plateau d'Honfleur pour protéger la ville des inondations... On n'arrête pas.
Et seriez-vous heureux d'accueillir le France ?
- C'est un bâtiment qui compte en tout 1 480 chambres dont 800 chambres à disposition.
Pour l'accueil des foires internationales, il ferait de Honfleur une ville d'envergure
européenne au niveau de l'accueil touristique. C'est un très gros dossier. Il nous apporterait,
dans une période de sinistrose, de 500 à 800 emplois. Ce serait aussi une véritable
vitrine pour le parc d'activités Honfleur-Calvados. La venue du France, avec ses
120 000 mètres carrés de surface à bord, salles de congrès, cinémas, restaurants,
piscine, thalasso... viendrait renforcer l'estuaire dans sa vocation internationale au niveau
touristique. Dans la région tout le monde s'y est mis : le Département, la Région, la Ville,
la chambre de commerce du pays d'Auge, l'État, le port de Rouen… C'est un très beau projet,
qui dépasse largement les frontières d'Honfleur. La balle est dans le camp de M. Dahan, à
l'origine du projet."
En juin dernier, pour le soixantième anniversaire du Débarquement, le maire
d'Honfleur, Michel Lamarre, a reçu une visiteuse de marque en la personne de
Sa Majesté la reine d'Angleterre, Elizabeth II. " Elle venait pour la première fois visiter
Honfleur et rendre hommage aux Anglais qui ont libéré la ville. J'ai été très impressionné.
Je lui ai dit : "Ici vous êtes un peu chez vous, Madame, puisque les Anglais nous ont
occupés longtemps !" Et j'ai ajouté : "Vous savez que les Anglais sont amoureux fous
d'Honfleur, ils achètent les plus belles propriétés". Et elle m'a répondu dans un français
parfait et sans accent : "C'est bien ce qui m'inquiète ! "La reine a beaucoup d'humour,
un grand sens du contact et elle sait tout de suite à qui elle a affaire. Elle s'intéresse
à tout, vous pose des questions sur l'économie, le développement touristique. C'est vraiment
une grande dame qui a beaucoup de simplicité, beaucoup d'humilité, et je comprends pourquoi
les Anglais lui sont très attachés."
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