numéro 191

Au sommaire du numéro Février-Mars 2004

 Edito

 Evénement

  • La grande évasion
    Une association Vincent-Humbert va être créée ce printemps par sa mère et Frédéric Veille, le journaliste qui avait pris en amitié le jeune paraplégique normand mort à Berck-sur-Mer, et qui a écrit un livre avec lui.

  • A fate worse than death

 Que se passe-t-il en Normandie ?

  • La chronique de Gilles Perrault
    "Ne tirez pas sur le ministre"
    Having the courage of one's convictions...
  • A travers la Presse Anglo-Saxonne
    Jusqu'où ira John Kerry ?
  • Le grain de sel d'Albert du Roy
    L'autre campagne électorale
  • Michel Drucker en direct de Sainte-Mère-Église le 6 juin
    Du 5 juin à 21 heures jusqu'au lendemain matin, l'animateur normand nous fera revivre la nuit de la liberté.
  • Coup de Gueule
    Le réateur à eau sous pression (EPR) est, pour Didier Anger, "inutile, coûteux, risqué"
  • Election à suspense... Mais sans passion
    Du suspense en Haute-Normandie, mais presque le même casting en Basse-Normandie : voici la règle du jeu, et les acteurs
  • Questions à Charles Revet
    Le président du Conseil général de la Seine-Maritime évoque son bilan et la fin d'Air Atlantique.
  • La Normandie unie à la Semaine internationale des transports et de la logistique
    Port 2000 au Havre accélère la prise de conscience des Normands que la logistique est un formidable atout.
  • L'Islande, une île à grands spectacles
    Visitez l'ouest de l'Islande, le pays des fjords, des oiseaux - et des elfes !
  • "Histoires Naturelles" par Alain Hervé
    "Eloge du rince-doigts"
    In praise of the finger bowl
  • Le Queen Mary 2 s'expose à La Cité de la Mer
    Avant de le découvrir, le 14 avril, en escale à Cherbourg, vous pouvez visiter une superbe exposition qui vous rendra incollable sur le plus beau et le plus grand paquebot du monde.

 Art de vivre

  • Expo, Musique, Cinéma
    Mode et tourisme au Haras du Pin
  • Théatre, Humour, Cirque
  • "Voici Londres"
    Vivienne Westwood entre au V&A et Vuillard à la Royal Academy
  • La page des Enseignants (traduc pursuit)
    Trop de mots pour le dire ?
    What's in a name?
  • C'est à Lire
  • L'Estampille et le Marteau
  • Les Potins des Fourneaux
    Première étoile Michelin pour La Villa au Havre

 Humour

  • Elisons les cordons bleu-blanc-rouge

Edito

Voir plus loin que les élections

Plantons le décor. Dans les semaines qui viennent, les élections vont battre son plein. Régionales et cantonales sont à l'affiche. D'accord, ce n'est pas l'élection du président des États-Unis mais la Région et le Département sont devenus, avec la décentralisation, des centres de décision incontournables : lycées, collèges, social, voies de communication, formation professionnelle, culture… Alors, même si l'on ne connaît pas bien ces mécanismes, un petit effort pour participer à ce rendez-vous de proximité de la vie démocratique.
Nouveau décor, avec la logistique. Ce mot intimidant va de plus en plus entrer dans le langage de la Normandie, qu'elle soit réunifiée ou non, d'ailleurs. Parce que notre façade maritime, c'est 630 kilomètres de côtes. Parce que nos ports deviennent de plus en plus performants, parce que les autoroutes de la mer de dessinent et que la Chine s'éveille. La Normandie du xxie siècle sera logistique ou ne sera pas. À condition, bien sûr, que les politiques voient plus loin que le bout de leur élection - que la Normandie soit réunifiée ou non.

Christian Génicot

 

Evénement


Vincent Humbert lors du mariage de son frère, un mois avant son accident
La grande évasion

Une association Vincent-Humbert va se créer ce printemps. Vincent, ce jeune Normand de Francheville (Eure), tétraplégique depuis un accident de voiture le 24 septembre 2000, avait osé écrire au président de la République et faire de son handicap un combat pour le droit de mourir dans la dignité. Vincent n'est plus là mais un journaliste de RTL, Frédéric Veille, qui est devenu l'un de ses amis, a écrit un livre sur ce drame. Vous pourrez le rencontrer le 8 avril au Mémorial de Caen où il donnera une conférence au côté de Marie Humbert.

"Tout a démarré en décembre 2002, souligne Frédéric Veille. En reportage pour RTL du côté de Berck, j'ai lu dans un journal local, Montreuil-Hebdo, un petit article de trois lignes consacré à ce jeune Normand qui avait écrit au président de la République pour lui demander le droit de mourir. Je me suis tout de suite intéressé à cette histoire. J'ai alors rencontré Vincent, j'ai parlé des heures avec sa maman et dès le lendemain, la nouvelle était diffusée sur les ondes de RTL. La France savait quel était son combat.
À partir d'un réflexe de journaliste s'est développée une histoire qui était une histoire d'amitié, une amitié très forte qui n'a fait que s'amplifier au fil du temps. Quelques heures a vant de partir, Vincent m'a dit : "Tu es mon grand frère, prends soin de toute ma famille".

Vous avez participé aux séances d'écriture avec Vincent ?
- Oui, il suffisait de lui dicter l'alphabet et à chaque fois que la lettre l'intéressait il appuyait sur ma main. C'était une grosse galère au début, on y passait beaucoup de temps, mais assez vite on est arrivé à deviner le mot entier à partir des premières lettres épelées. Pour l'écriture du livre je me suis servi de ce que Vincent m'a fait écrire mais j'ai eu aussi trente heures d'enregistrement avec sa maman qui me parlait de Vincent, de sa vie, de son accident. Parce que Vincent a passé neuf mois dans le coma, il ne s'en souvenait pas, pas plus que de son réveil, ni de ce qui s'est passé avant l'accident. Il ne se rappelait rien.

La cause de Vincent, c'est le droit de pouvoir mourir dans la dignité ?
- Il y a deux causes qui entrent en ligne de compte. Le premier combat de Vincent, après son accident, c'est d'obtenir que l'on arrête l'acharnement thérapeutique. Vincent me disait : "Je ne comprends toujours pas pourquoi on s'est acharné à me ranimer alors que j'étais foutu et que tout le monde le savait". Cet acharnement thérapeutique l'a fait vivre dans le coma, puis lui a fait mener "une vie de mort-vivant", comme il disait.

Et l'autre combat, c'est l'euthanasie ?
- Je ne suis pas trop pour ce mot-là. Je lui préfère "le droit de mourir dans la dignité". C'est pour cela que nous nous battons, c'est pour obtenir légalement le droit de mourir dans la dignité.

La France est prête pour ce débat ?
- Oh oui, le dernier sondage a donné 85 % d'opinions favorables."

A fate worse than death

Euthanasia is a subject that refuses to go away. Although there was much public sympathy in Britain for Diane Pretty, a victim of motor neurone disease who sought an assurance that her husband would be given immunity from prosecution if he helped her commit suicide, her petition was turned down by the courts and she suffered exactly the kind of death she had dreaded. In France, meanwhile, many column inches have been devoted to the story of Vincent Humbert, a young man who spent nine months in a coma after a lorry crashed into his car in a narrow country lane in September 2000. When he eventually regained consciousness, he was dumb, virtually blind and paralyzed from the neck down. For him, this was the 'life of the living death', and he even wrote a letter to the French President begging him to put an end to this existence. In the end, his mother injected barbiturates into his drip, which left him in a deep coma, and a few days later, the doctor in charge of the intensive care unit unplugged his ventilator, announcing that the decision had been his and his alone.
The whole tragic episode has now been told in a book by radio reporter Frédéric Veille, who sought Vincent and his mother out after he heard about the letter to Jacques Chirac. What was initially a strictly professional relation rapidly grew into a genuine friendship. So much so that just a few hours before his death, Vincent told him, 'You're my big brother, take care of all my family'. Some of their time together was spent writing. 'I'd dictate the alphabet to him and each time a letter interested him, he'd press my hand. It was hard going to start with, but we soon got to the stage where we could guess the entire word once we had the first few letters.' It is these texts which form the basis of the book.
His life and death actually raise two rather separate issues, the first being whether medical staff should remorselessly strive to bring patients back to life however damaged their bodies. The other issue is euthanasia, although Frédéric dislikes this term, preferring 'the right to die with dignity'. Recent polls show that 85% of French people support the notion, but at the present time it remains illegal.

 

Que se passe-t-il en Normandie ?

LE GRAIN DE SEL D'ALBERT DU ROY

L'AUTRE CAMPAGNE ÉLECTORALE

Comme c'est étrange ! J'ai l'impression que nous nous intéressons davantage, en ce moment, à la campagne électorale américaine qu'à celle des régionales chez nous. Comment expliquer cette bizarrerie ? D'abord par le déroulement du processus. Le système des "primaires" pour désigner le candidat semble avoir été conçu par un scénariste de Hollywood. Suspense garanti : le favori du départ est rarement le gagnant à l'arrivée, et les coups de théâtre ne sont jamais exclus. Y compris les intrusions dans la vie privée, les calomnies, médisances et ragots, ceux touchant à la vie sexuelle, réelle ou supposée, étant les plus "appréciés" dans cette société ultra-puritaine. Rappelez-vous les circonstances du dernier duel : l'élection tenait à quelques milliers de voix contestées en Floride. Le train-train électoral est, chez nous, nettement plus plan-plan. Notre fascination tient ensuite à la personnalisation à outrance de la campagne, qui avait atteint son sommet lors de l'élection de John Fitzgerald Kennedy en 1960. Et voilà que nous découvrons aujourd'hui un nouveau JFK, John F. Kerry, qui ne manque pas de charme lui non plus. Et qui, en plus, a des accointances bretonnes. On lui pardonnera qu'elles ne soient pas normandes...
Notre intérêt a une explication plus sérieuse : outre la reconnaissance que nous devons aux Américains pour leur rôle en certaines circonstances historiques, le président des États-Unis, qu'on le veuille ou non, est un peu, aussi... notre président. C'est le chef du plus puissant État du monde, dont les décisions ont des répercussions partout, y compris sur notre vie quotidienne. Et quand ce chef se prend pour le shérif planétaire et prétend décider ce qu'est le Bien et le Mal, on peut s'attendre à tout : le meilleur mais aussi le pire. Et, disons-le, sur ce plan-là, George Bush nous inquiète, et son entourage d'illuminés encore davantage. Bref, nous aimerions bien participer à cette élection-là puisqu'elle nous concerne tant ! C'est ça aussi, la mondialisation...
Mais revenons sur notre bonne vieille terre régionale, et n'imitons pas les Américains dont, habituellement, la moitié ne vote pas à la présidentielle. Autant de nos compatriotes, paraît-il, se désintéressent du prochain scrutin. Ils ont tort : le monde commence à notre porte. Et si nous ne sommes même pas capables de choisir nos élus de proximité, de barrer la route aux démagogues et aux sectaires, comment pourrions-nous prétendre influencer les décisions des maîtres de la planète ?

60e anniversaire du D-Day

Michel Drucker en direct de Sainte-Mère-Église

La place de Sainte-Mère-Église, dans la Manche, lui remémore sa jeunesse. "Gamin, je venais me promener ici avec mon père, médecin à Vire." Pour célébrer le soixantième anniversaire du Débarquement, l'enfant de Vire devenu l'animateur le plus populaire de la télévision reviendra en Normandie pour un samedi soir hors du commun. Samedi 5 juin, Michel Drucker sera en direct de Sainte-Mère-Église sur France 2. L'émission spéciale consacrée au soixantième anniversaire du Débarquement débutera à 21 heures pour s'achever à 6 heures le lendemain matin. "Nous verrons le soleil se lever sur la plage d'Utah Beach. On racontera la nuit du Débarquement. Des flashes d'information expliqueront l'avancée des troupes alliées. Je mettrai tout mon enthousiasme pour réussir cette belle aventure télévisuelle que propose le service public." À partir de 23 h, Thierry Ardisson, normand d'adoption, épaulera Michel Drucker.
Soixante ans après la libération de Sainte-Mère-Église par les troupes américaines, le direct se fera de la place de l'église au célèbre clocher. Une vaste structure transparente, d'une capacité de 500 places, sera installée. "Il y aura Jane Birkin, dont le père fut un grand résistant, Michel Sardou, Patrick Bruel, l'amiral Philippe de Gaulle, des historiens, des témoins..."
Le jeune Michel était proche de son père courage. "Quand il travaillait et que j'étais en vacances, je le suivais partout, dans les fermes, à la campagne. Toujours avec lui, je l'accompagnais même pour des accouchements. Je voulais être médecin comme lui. À la fin de ses jours, il me confia : "Michel, tu es devenu le médecin des âmes". "
Abraham Drucker, décédé en 1983, juif d'origine roumaine et résistant, fut arrêté le 28 avril 1942 à Saint-Sever, près de Vire, six mois avant la naissance de Michel. Il ne sera libéré qu'en août 1944. Soixante ans plus tard, Michel Drucker sera en direct de Sainte-Mère-Église pour raconter cette terrible époque.

LA NORMANDIE AU SITL 2004

Voir plus loin que la région

Une nouvelle fois, la Normandie va se retrouver unie à la Semaine internationale du transport et de la logistique (SITL) à Paris-Nord-Villepinte du 9 au 12 mars.
En Normandie, 35 000 personnes travaillent déjà dans le secteur logistique. La région regroupe 10 % des implantations nationales de prestataires logistiques. Elle se situe au deuxième rang des régions françaises.

Idéalement située à l'Ouest de l'Europe, dotée de six ports maritimes et fluviaux (dont Port 2000 au Havre), traversée par la Seine, et avec un excellent maillage routier, la Normandie regorge d'atouts pour accueillir, traiter et réexpédier les marchandises arrivant du monde entier. Des zones logistiques s'y créent. D'autres sont en préparation.
Le dossier de Normandie Magazine (20 pages) fait le point sur ce secteur prometteur et donne la parole aux principaux acteurs de la filière logistique en Normandie.

www.salon-sitl.com

Filière logistique normande
CRCI de Haute-Normandie
9, rue Robert-Schuman 760000 Rouen
benhari@haute-normandie.cci.fr

72 pages tout couleur
£2 / 3 Euros
8 Numéros par an

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Conception, réalisation, hébergement SOGET SA