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Au sommaire du numéro Février - Mars 2003
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Comment oublier ? "La France a oublié" affirment certains journaux américains. Dommage qu'ils n'aient pas envoyé quelques reporters sur le terrain. Nous aurions pu leur faire rencontrer, par exemple, des adhérents de l'association des "Fleurs de la Mémoire" (1). Chaque année ils fleurissent les tombes de soldats américains qui ont fait le sacrifice de leur vie pour libérer l'Europe. En effet ils sont des milliers à Colleville ou Saint-James à ne jamais recevoir une fleur. Ils ne sont pas oubliés des leurs, mais souvent ils n'ont plus de famille pour venir se recueillir devant leur tombe. Nous avons oublié, dites-vous ? Il faut voir comment la Région organise les préparatifs du soixantième anniversaire du Débarquement, avec la création d'une association appelée, justement, "Normandie Mémoire" (2). Non, chers confrères, vous n'avez pas pris le temps d'écouter la Normandie. En revanche, nous, nous avons pris le temps d'appeler quelques amis, des vétérans parachutés en 1944 sur nos côtes, pour leur demander : Alors, cette guerre en Irak, pour ou contre ? Qu'en pensez-vous ? "Elle n'apporte aucune réponse aux problèmes posés par le manque de démocratie ou le terrorisme" affirment-ils. "Cette guerre est une connerie". Mais sans doute le président Bush n'a-t-il que faire de l'avis des anciens du 6 juin. Il a Dieu avec lui. Nous, en Normandie, nous n'avons que l'amitié de ces anciens, ces anciens que nous n'oublierons jamais. Christian Génicot (1) Les Fleurs de la Mémoire, M. Claude Lavieille, 23, rue des Mesnils,
50 620 Saint-Jean-de-Daye
How could we ever forget them ? 'France has forgotten', complain some American newspapers. Well, maybe they should dispatch a few reporters across the Atlantic. Then we could introduce them to the members of 'Les Fleurs de la Mémoire' (1). Each year, they lay flowers on the graves of American soldiers who laid down their lives to liberate Europe. There are thousands of them at Colleville and Saint-James whose graves would otherwise remain bare. Not because they have been forgotten by their own people but often because there are simply no relatives left to come and pay their respects. And if we really have forgotten, how come Lower Normandy's regional council has just set up an association called 'Normandie Mémoire' (2) to oversee events marking the sixtieth anniversary of D-Day? No, our American counterparts have obviously not taken either the time or the trouble to listen to what Normandy has to say. We, on the other hand, have been busy calling up some of our friends, veteran paratroops who landed along our coast in 1944, to ask whether they are for or against war in Iraq, what they think about it all. 'It won't solve any of the problems posed by terrorism or the lack of democracy,' they reply. 'This war's a big mistake.' Of course, G. W. probably could not care less what the veterans of June 6th think. After all, he has God on his side, whereas we in Normandy have only the friendship of these men -whom we will never forget. Christian Génicot (1) Les Fleurs de la Mémoire, M. Claude Lavieille, 23, rue des Mesnils,
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CITÉ DE LA MER À Cherbourg, premier bilan En neuf petits mois, 330 000 visiteurs sont partis à à la conquête des fonds marins à la Cité de la Mer. Bernard Cauvin, son président, veut aller encore plus loin. "Nulle part ailleurs en Europe on ne traite de l'aventure de l'homme sous la mer et de la compréhension des fonds marins " souligne le président de la Cité de la Mer, Bernard Cauvin. " La Cité de la Mer vise à faire comprendre au visiteur quels sont les enjeux pour l'humanité des programmes de recherche qui sont menés dans les grandes profondeurs. " Connaître les grands fonds permet de faire de la météorologie prédictive, et peut-être demain de la météorologie à deux, trois mois, et surtout prévenir des catastrophes comme El Niño. La Cité peut sans doute aussi nous aider à comprendre la sismologie. Et la vie sous-marine, les bactéries, sait-on quels en sont les enjeux pour la planète ? Certains scientifiques pensent que les bactéries des grands fonds peuvent avoir des applications dans la chimie, la microchimie, y compris la recherche médicale, et peuvent avoir aussi des applications très directes dans la vie quotidienne des gens. La recherche des grands fonds a été l'objet d'expéditions franco-américaines. On va fêter le trentième anniversaire de cette initiative. - Oui, le bathyscaphe Archimède qui est implanté dans la Cité de la Mer a plongé à 9 640 mètres de profondeur. Ce record a été battu quelques semaines après par le Trieste, un engin américain. Pour l'anecdote, il faut souligner que si l'Archimède n'est pas descendu plus bas que 9 640 mètres, c'est qu'il avait touché le fond ! Tout cela pour montrer qu'il y avait deux grandes nations dans ce domaine dans les années 1960, les États-Unis et la France. En 1974 il y a eu une expédition franco-américaine qui fut la dernière de l'Archimède et la première du Cyana, la soucoupe plongeante d'Ifremer dont le successeur n'est autre que le Nautile, qui travaille aujourd'hui au large de la Galice à colmater les brèches du Prestige. En 2004, il y a sur ce thème quelque chose d'assez extraordinaire à construire avec les Américains. J'aimerais retrouver les grandes sociétés américaines qui ont fait partie de cette aventure pour ensemble structurer une grande exposition à la gloire de ces scientifiques américains et français. Si les hommes se consacraient à mieux connaître les fonds marins, ils ne penseraient pas à faire la guerre ? - L'humanité, en s'intéressant beaucoup plus aux grands fonds, assurerait une grande part de son avenir. Songez qu'El Niño va dévaster des pays du Sud pendant plusieurs décennies ! Et puis je crois que les grands fonds, c'est une des grandes conquêtes contemporaines, au même titre que l'espace. Quand on regarde l'Archimède, quand on voit cette pauvre sphère d'1,20 m de diamètre et qu'on réalise que là-dedans il y avait trois bonshommes qui plongeaient à 9 600 mètres de profondeur, ça fait froid dans le dos ! Ceux qui ont appréhendé les grands fonds appartiennent à la race des conquérants de l'impossible. Si l'on veut que les recherches dans le monde des fonds marins soient développées parce qu'elles sont utiles à l'humanité, encore faut-il que les citoyens en comprennent l'enjeu. Et c'est là que la Cité de la Mer se révèle un outil non seulement culturel et pédagogique, mais encore citoyen. "
Cité de la Mer Sea change for Cherbourg Galloping megalomania was just one charge levelled at Bernard Cauvin when he first mooted the idea of converting Cherbourg's disused harbour station into a 'Cité de la Mer'. Undaunted, he went ahead anyway and the extraordinary success of the undersea centre's first season has more than vindicated his decision. 'The Cité de la Mer is all about our seafaring roots, our region's history. But because we're not content with looking back at the past, because we try and decipher the future, especially via the exploration of the seabed, it's a truly fabulous challenge. It's the only place in Europe which presents humanity's adventure under the sea and our understanding of the ocean's depths.' Visitors learn about the contribution of current research to long-range weather forecasting, our understanding of seismology and the prediction of catastrophes brought about by El Niño. The strange bacteria which thrive around hydrothermal vents on the seabed, withstanding high temperatures, highly toxic heavy metals and almost total darkness may also turn out to have useful applications in chemistry, microchemistry and medicine. France has played a major role in the exploration of the ocean depths.
One of the exhibits, the bathyscaph Archimède, dived to a depth of 9,640
metres -a record which was beaten just a few weeks later by the American
craft Trieste. 'Just for the record, if the Archimède did not descend
any further it was because it had reached the seabed!' This Franco-American
domination of seabed exploration in the 'sixties continued into the following
decade, when the two countries embarked on a joint exhibition in 1974
(the Cité de la Mer will be celebrating its thirtieth anniversary next
year). This undersea exploration is just as important as space exploration,
but if it is to receive the resources it needs, ordinary people need to
be made aware of the benefits it could bring to humanity. This is where
the Cité de la Mer comes in. Its ability to popularize science has already
persuaded the head of France's research institute for exploitation of
the sea (Ifremer) to allocate additional funding to it, while other research
bodies that are likely to follow suit include the CNRS, the French Atomic
Energy Commission (one of the star attractions is a guided tour of a nuclear
submarine) and the French Space Agency (CNES), which has installed one
of its 'Space Observatory' terminals there.
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La logistique, c'est chic !
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