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L'Evénement
Salon nautique, salon du cheval, arrivée du Mont-Saint-Michel, campagne de communication...
la Région sur tous les fronts
La Normandie toutes voiles dehors
Si vous ne connaissez pas encore la Normandie, vous allez en entendre parler ! Après le Salon du patrimoine, elle participe au Salon du cheval du 30 novembre au 8 décembre, puis elle est l'invitée d'honneur du Salon nautique à Paris du 7 au 16 décembre. Sans parler de la préparation de l'Armada en 2003 ni du soixantième anniversaire du Débarquement en 2004. Et dès maintenant, la Basse-Normandie lance une campagne dans la grande presse... Oui, qu'elle soit Haute ou Basse, la Normandie va faire entendre sa voix.
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| Au salon nautique, "la grand-messe" du nautisme, 1200 bateaux s'exposent. |
Porte de Versailles à Paris, du 7 au 16 décembre, la Normandie est l'invitée d'honneur du 42e Salon nautique. La région revêtira alors ses plus beaux atours, une mise en scène signée par le Comité régional de tourisme qui entend frapper un grand coup : " Pendant les onze jours de ce salon connu dans le monde entier, nous préparons une vaste opération séduction ". Sur 500 mètres carrés, la Normandie vante ses charmes touristiques, ses paysages, du Mont Saint-Michel à Etretat et de La Hague au Perche, aux 300 000 visiteurs qui viennent chaque année porte de Versailles célébrer la mer et les joies du littoral.
Les visiteurs peuvent se familiariser avec les métiers attachés à la tradition maritime et, bien sûr, visiter le stand de l'Armada qui se tiendra à Rouen en été 2003. Le Salon nautique, c'est encore 1 200 bateaux à admirer et un millier d'exposants. Et lorsqu'on demande au commissaire général du Salon nautique, Alain Pichavant, " Pourquoi avez-vous choisi la Normandie comme invitée d'honneur ? ", ce Breton pur jus répond :
" Parce que c'est évidemment l'une des grandes régions maritimes françaises, avec des villes tournées vers la mer. Et même celles qui, comme Caen, ne l'étaient pas, ont tendance à se tourner de plus en plus vers la mer.
La Normandie possède un patrimoine maritime important. Je parle du Mont Saint-Michel (même si les Bretons le revendiquent un peu !), ou des endroits comme Omaha Beach, un des grands symboles de l'histoire de France. Il y a une activité de plaisance importante sur toutes les côtes normandes. Depuis longtemps les activités nautiques sont très dynamiques en Normandie. C'est pourquoi nous orientons cette année tous les feux du Salon nautique en direction de cette région.
Sur les 60 % de visiteurs du Salon qui viennent de province, la plus forte proportion vient de Normandie, en raison, bien sûr, de la proximité de la région de Paris, mais aussi de l'intérêt des Normands pour la mer. Et cette année, la Cité de la Mer est le partenaire de la Brasserie de la Mer, le restaurant chic et pas cher du salon. On peut y déguster des produits émanant directement de producteurs locaux.
- Pourquoi y a-t-il toujours cette opposition entre la Normandie et la Bretagne ? Les Bretons sont plus fonceurs, les Normands plus effacés, plus modestes ?
- C'est peut-être parce que le Couesnon a placé le Mont en Normandie ! Plus sérieusement, en tant qu'ancien skipper, j'ai eu l'occasion de courir le Défi des ports de pêche pour la ville de Dinard l'année où il avait lieu à Granville et je peux vous assurer que l'ambiance était sympa. Nous avons vécu en bonne harmonie.
En effet Normands et Bretons sont des gens de même bois, qui vivent avec des contraintes très particulières en terme de courants, de marnage. Ils partagent le même espace et ils ont les mêmes réactions par rapport à l'environnement.
- Les skippers sont-ils aujourd'hui devenus les héros de notre société ?
- Oui, et surtout par la rudesse de l'activité sportive qu'ils pratiquent. Dans la Route du Rhum, ils sont partis tout seuls, à une époque de l'année qui n'est pas facile ; ils traversent des conditions de navigation particulièrement rigoureuses, avec des dépressions violentes. Pour avoir navigué beaucoup, je peux vous assurer que c'est impressionnant. Il faut quand même y aller ! Il faut se débrouiller quelles que soient les conditions et ce n'est pas simple. Rien d'étonnant s'ils sont devenus des héros.
- C'est cela qui fascine les gens qui par ailleurs sont contents de bénéficier de la RTT, des trente-cinq heures ?
- C'est sûr qu'il y a de moins en moins l'occasion de se dépasser. Mais l'an prochain, nous organiserons, en prologue au Salon nautique, un raid motonautique accessible à tous. La première étape sera Granville-Granville, puis le Mont Saint-Michel et Chausey ; Cherbourg sera ville-étape, et très certainement Ouistreham ou Caen, puis Le Havre. Après avoir remonté la Seine sur 400 kilomètres jusqu'à Paris, avec un arrêt près de Rouen, on arrivera à Paris pour l'ouverture du Salon nautique 2003. Voilà une belle occasion de se dépasser !
- Si je comprends bien, la Normandie n'en a pas fini avec le Salon nautique !
- La Normandie n'en aura jamais fini avec le Salon nautique, pour la bonne et simple raison que c'est une grande région tournée vers la mer et que le Salon est la grand-messe du nautisme ! Avec 300 000 visiteurs pendant onze jours et 100 000 mètres carrés d'exposition, c'est un salon complètement atypique compte tenu de la taille de l'industrie. Il est certain que pour le moment en tout cas, l'économie de l'industrie nautique se porte bien. Et l'économie de l'industrie de la grande plaisance nautique se porte même très bien ".
Why there's no getting away from Normandy
What with the Salon du Cheval and the Salon Nautique coming up in the next two months and, in the next two years, Rouen's Armada tallships gathering and the sixtieth D-Day anniversary, Normandy is everywhere at the moment.
The Paris horse show starts on November 30th, followed by the eleven-day annual boat show, which is the occasion for what the regional tourist board is calling 'a vast operation of seduction'. The salon's 300,000 visitors can visit a 500-m2 stand vaunting the manifold charms of Normandy's coastline and sample locally-produced seafood in the brasserie, laid on by Cherbourg's brand-new tourist attraction, the Cité de la Mer.
If Normandy has been chosen to be the guest of honour at the December salon, it is because, in the words of the show's Breton organizer Alain Pichavant, 'it's one of France's great maritime regions. Many of its towns and cities are already oriented towards the sea, while others, such as Caen, are increasingly becoming so.' Then there is its rich historical heritage spanning a millennium, from Mont St Michel to Omaha Beach, and its many marinas, plus the simple fact that 60% of the salon's provincial visitors come from Normandy.
Normandy is set to have a high profile in next year's salon, too, as many of its harbours, including Granville, Cherbourg, Ouistreham and Le Havre, will feature in a novel week-long motorboat race. The last leg of this competition, open to anyone who can come up with the requisite five thousand euros, will involve a 400-km trip up the Seine, first to Rouen, then on to Paris, arriving just in time for the beginning of the boat show.
Magazine
Le vrai Jean Valjean était-il havrais ?
Adèle Hugo a habité au Havre. Avec son mari Victor, elle eut l'occasion de fréquenter la maison d'un notable, un ancien forçat qui, dénoncé, s'était suicidé... Ça vous rappelle quelque chose ? Alors suivez notre enquêteur à travers les rues du Havre.
Dans le cimetière qui entoure l'abbaye de Graville au Havre, une pierre tombale se dresse sous un cèdre plusieurs fois centenaire. L'inscription gravée est devenue bien difficile à lire. L'usure du temps... mais enfin, on parvient quand même à décrypter : " Ici repose César-Joseph Regault, décédé à Graville, le 6 juillet 1848, à l'âge de quarante-quatre ans ".
Mais pourquoi ce soudain intérêt pour César-Joseph Regault, dont le nom ne vous dit rien ? Son histoire, vous allez le constater, est particulièrement troublante.
En 1831, l'homme débarque au Havre. C'est un jeune bagnard qui vient, fait rarissime, d'être libéré et qui cherche à repartir dans la vie. Il trouve du travail chez un négociant et mieux encore, se fait rapidement apprécier. Tout s'accélère puisqu'après avoir gagné la confiance de son patron, il trouve l'amour auprès de la fille de la maison et l'épouse. En quelques années, César-Joseph Regault est devenu un homme respectable et respecté, dont tous ignorent, bien sûr, l'ancienne condition.
Et puis, voilà que le destin se mêle de l'affaire, une petite dizaine d'années plus tard. En effet, l'honorable Monsieur Regault croise un jour, dans une rue du Havre, l'un de ses anciens compagnons de misère et d'infamie. Celui-ci lui réclame aussitôt de l'argent comme prix de son silence. César-Joseph Regault cède très vite. Pris dans l'engrenage fatal, il donne à son maître-chanteur des sommes de plus en plus importantes... avant de ne plus pouvoir payer sans mettre en péril ses affaires pourtant prospères.
Alors, rien ne peut empêcher les lettres de dénonciation de parvenir à la famille et aux amis. Le passé de César-Joseph Regault est ainsi dévoilé. Son épouse meurt de chagrin et la bonne société rejette l'ancien bagnard. Pour lui, il ne reste qu'une seule solution : il met fin à ses jours le 6 juillet 1848.
Ne trouvez-vous pas que cette histoire possède beaucoup de points communs avec une autre, qui est à la base d'un des romans les plus populaires de la littérature française ? Oui, bien sûr, Jean Valjean - devenu Monsieur Madeleine, industriel et maire de Montreuil-sur-Mer - dans Les Misérables de Victor Hugo...
De quoi nous inciter à chercher plus loin et à découvrir qu'Adèle Hugo, l'épouse de l'écrivain, a habité quelque temps au Havre, rue de l'Hôpital (devenue, depuis, la rue Bazan) et qu'en compagnie de Victor Hugo, elle a fréquenté la maison Regault, toujours située au numéro 30 de la rue Bellefontaine, dans le quartier de Graville, et aujourd'hui divisée en appartements modestes.
Alors, César-Joseph Regault, l'ancien bagnard devenu notable havrais, s'est-il transformé, dans l'imagination de Victor Hugo, en Jean Valjean ? La chose est fort probable... et c'est sans doute le modèle du héros des Misérables qui repose dans le cimetière de l'abbaye de Graville !
Ajoutons encore qu'au Havre, à une certaine époque, des personnes devaient bien connaître cette histoire, actuellement tombée dans l'oubli, puisqu'autour de la rue Bellefontaine et de la maison de César-Joseph Regault, des plaques de rues ont porté (ou portent encore) des appellations révélatrices : " Impasse Javert ", " Impasse Cosette " et même " Escalier Jean Valjean ".
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Les Misérables (2000) de José Dayan avec Gérard Depardieu (Jean Valjean) et John Malkovich (Javert). Toutes les scènes de marché ont été tournées à Rouen et, pour laprison, à Pont-l'Evêque.
José Dayan's film version of Les Misérables, with Gérard Depardieu (Jean Valjean) and John Malkovich (Javert). All the market scènes were shot in Rouen and all the prison scenes in Pont-l'Evêque
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The Original Misérable
In the cemetery at Graville Abbey in Le Havre, a weathered gravestone stands beneath the spreading branches of a venerable cedar, inscribed with the words, 'Here lies César-Joseph Regault, who died in Graville on July 6th 1848, aged 44'.
The name may not mean much to you but, as you will discover, his story is curiously familiar.
It was in 1831 that the young César-Joseph Regault arrived in Le Havre. This former convict had just been released (an exceedingly rare event) and was now eager to start a new life. He found a job in a shop, rapidly won the trust of his employer and ended up marrying his daughter. Within the space of a few years, he had become both a respectable and a respected figure, though of course nobody knew about his past.
A decade later, fate played a cruel joke, and the honourable Monsieur Regault encountered one of his former 'comrades in adversity' in the street. The latter was not slow to demand money in exchange for his silence, and César-Joseph equally swiftly acquiesced. He was now caught up in a deadly spiral, forced to hand over to his blackmailer increasingly large sums of money. Eventually, although his business was prospering, he could no longer pay up without putting his affairs in jeopardy. There was now nothing to stop the letters of denunciation being sent to his family and friends, and his past was brought out into the open. His wife died of grief and polite society rejected the former convict. He took the only way out, committing suicide on July 6th 1848.
This story is, of course, strikingly similar to that of Jean Valjean, who became Monsieur Madeleine, the industrialist and mayor of Montreuil-sur-Mer, in Victor Hugo's Les Misérables, one of the most popular novels in French literature.
Other evidence of a possible Le Havre connection is not hard to find: Adèle Hugo lived in the city for a number of years, in Rue de l'Hôpital (now Rue Bazan), and she and her husband actually had occasion to visit Regault's shop, at 30 Rue Bellefontaine in the Graville district, which has since been divided into flats.
The possibility that César-Joseph Regault, the former convict turned dignitary, may have metamorphosed into Jean Valjean in the writer's imagination has certainly occurred to a number of people in the past, who knew all about this now largely forgotten tragedy. Why else would we continue to come across such evocative names as Impasse Javert, Impasse Cosette and even Escalier Jean Valjean so close to Regault's former home?
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