numéro 180

Au sommaire du numéro Octobre-Novembre 2002

 Evénement

  • Dessine-moi une région
    Le premier ministre souhaite renforcer les pouvoirs des régions, en leur accordant notamment une plus grande autonomie financière.
    More Power to the Regions

 Que se passe-t-il en Normandie ?

  • "Fin de la guerre froide"
    Les grands témoins se réunissent lors des journées internationales du Mémorial de Caen.
  • Miss Normandie 2002
    Catherine Lebreton défendra la Normandie au concours de Miss France 2003, le 14 décembre prochain à Lyon
  • 8 questions à Gérard Burel, président du Conseil général de l'Orne, sur la décentralisation.

 Que se passe-t-il dans le Sud Anglais ?

  • Filet et entrefilets
    Will Britain Meat French Needs ?
  • P&O Portsmouth supprime des emplois
    Will P&O Sail Through Dire Straits ?

 Economie

  • "La cogénération montre la volonté du groupe de moderniser notre usine"
    Le directeur général de l'établissement de Normandie de TotalFinaElf s'explique.
  • Et si je t'offrais une forêt ?
    Posséder une forêt n'est plus l'apanage des grandes fortunes, c'est même un placement privilégié.
  • "Inventons une attraction internationale"
    Suggère Alain Bazille, président du Comité départemental du tourisme de la Seine-Maritime.
    Putting Seine-Maritime on the Map

 Acteur

 Ecologie

  • "Le nucléaire est incompatible avec la démocratie"
    Didier Anger, conseiller régional (Verts) de la Basse-Normandie, persiste et signe.

 Art de Vivre

 Humour

Que se passe-t-il en Normandie ?

Miss Normandie : "il n'y a rien de plus beau que le rêve d'un enfant"

Catherine Lebreton, qui avait obtenu en avril dernier la couronne de Miss Haute-Normandie, vient d'être élue Miss Normandie. Elle représentera la région le 14 décembre à Lyon pour l'élection de Miss France 2003.

Catherine, native du Calvados et habitant à Conteville, dans l'Eure, a vingt ans. Elle fait des études à l'école d'art du Havre. Elle souhaite devenir éducatrice pour aider les jeunes handicapés, physiques ou mentaux, à utiliser la peinture, la sculpture comme moyen d'expression.

"Je pense que l'art peut les aider à exprimer ce qu'ils ressentent " souligne la nouvelle Miss Normandie." Cela les aiderait à exprimer leur malaise d'être rejetés, ou mal insérés dans la société. L'art peut être, dans certains cas, une bonne thérapie.

Comment est née cette vocation ?

- Depuis la sixième je me suis destinée à des études artistiques : dessiner, peindre, créer. Et puisque j'aime aussi m'occuper des autres, en particulier des enfants, pourquoi ne pas trouver un métier qui concilierait ces deux passions ? Je suis la marraine de l'association " Rêve Eure " qui se donne pour but de réaliser le rêve d'enfants gravement ou terminalement malades. Je suis devenue marraine de l'association quand j'ai été élue Miss Eure ; cela m'ouvrait les portes de l'élection de Miss Normandie et je me suis dit : s'il est question d'avoir un titre, autant en profiter pour faire connaître l'association.

La beauté ne suffit pas, encore faut-il avoir un supplément d'âme ?

- Absolument. La beauté, c'est une chose, mais il y a aussi l'âme, ce qu'on ressent, les actions qu'on peut faire. C'est un tout, et c'est bien comme ça que les gens le ressentent.

Vous avez le sentiment qu'en France on ne fait pas assez pour les enfants ?

- Il y a beaucoup d'associations qui s'occupent des enfants malades ou handicapés mais il faut que ça continue. Il faut motiver les gens parce qu'il est important de réaliser leurs rêves ; et il n'y a rien de plus beau que le rêve d'un enfant. Et si moi aussi, je peux continuer à faire bouger les choses, je vais le faire, continuer à médiatiser cette cause et mon association.

Et puis, qui sait, le 14 décembre il y a l'élection de Miss France !

- Oui, on verra bien ! Mais je ne fonde pas trop d'espoirs. J'y vais parce que ça me fait plaisir, c'est aussi un rêve de petite fille. Et puis voilà, c'est arrivé. Mais il y a 46 jeunes filles qui sont toutes belles, et qui toutes méritent le titre. Enfin, j'y vais, et on verra bien ce qui se passera !

Ça veut dire quoi, être normande ?

- La Normandie est divisée en deux pour l'instant, peut-être qu'un jour on aura une seule Normandie. Je trouve d'ailleurs un peu bête qu'il y ait une Miss Normandie et deux Normandie, la Haute et la Basse. J'aimerais bien faire passer ce message qu'il y a une Normandie et pas deux."

 

Acteur

La parole à Marie-Paul Labey, présidente de l'association des chemins du Mont-Saint-Michel

"La défense de l'environnement, c'est une course contre la montre"

Marie-Paul Labey reçoit ce 18 octobre la Légion d'Honneur. une distinction bien méritée pour trente ans de militantisme au service de la nature. Celle qui, en 1975, a sorti le dossier contre l'amiante anime aujourd'hui des associations comme "Rivières et Bocages" ou "Les Chemins du Mont Saint-Michel".

"Lorsque j'étais à la Région, souligne Marie-Paul Labey, j'ai proposé l'idée de créer les chemins du Mont Saint-Michel. Le Conseil régional de Basse-Normandie avait fait beaucoup pour la reconquête du caractère maritime du Mont et la défense du site de la baie, mais je trouvais qu'il manquait une petite touche spirituelle et culturelle. J'ai donc proposé de retrouver les chemins de pèlerinage qui menaient au Mont Saint-Michel, sur le modèle des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Le conseil régional a suivi, puis les Départements bas-normands.

Le pèlerinage à Saint-Michel a existé avant celui de Compostelle ; il a commencé en 708. On dit même que la coquille était le symbole du pèlerinage à Saint-Michel, c'était la coquille que les pèlerins ramassaient dans la baie. Ce n'est qu'après, cent ans plus tard, qu'il est devenu l'emblème de Compostelle.

Comment est né le pèlerinage ?

- Un ange est apparu à l'évêque d'Avranches et lui a dit qu'il fallait créer un oratoire sur cette pointe rocheuse qui s'appelait alors le mont Tombe. L'évêque a eu ensuite deux autres visions et il a envoyé deux moines au Monte Gargano, le grand lieu consacré à ce moment-là à l'archange Michel. Les deux moines sont revenus avec, dit-on, un morceau de la tunique de saint Michel et une pierre sur laquelle il s'était posé. Ce furent les premières reliques déposées au Mont Saint-Michel, elles n'y sont plus d'ailleurs. Ce qu'il y a d'extraordinaire au Mont Saint-Michel, c'est le symbole : le Mont, c'est la Jérusalem céleste, la baie symbolise le passage de la vie à la mort, et pour les pèlerins à la vie éternelle. C'était le lieu lui-même qui était mystique, il n'avait pas besoin de reliques.

Mais dans notre société obsédée par le fric, le pèlerinage, ce n'est pas tendance !

- Je pense qu'il y a de plus en plus de gens qui ont envie de prendre le temps de souffler et de redonner un sens à leur vie. Ils sont heureux de faire une halte, de se rencontrer soi-même et de rencontrer les autres, de casser les barrières sociales, de retrouver le goût de l'effort et celui du risque. Le marcheur est dans l'esprit des pèlerins d'autrefois, au milieu de la nature et dans la beauté des paysages. Nous pensons aussi ouvrir ces itinéraires aux cavaliers parce que c'est fantastique de faire le pèlerinage à cheval.

On s'aperçoit que vous avez raison, et même de plus en plus !

- Regardez, pour l'amiante, j'avais raison ! Mais il est difficile d'avoir raison vingt ans trop tôt.

Rappelez-nous votre lutte dans les années 1970-1980, contre l'usine Ferodo de Condé-sur-Noireau, devenue depuis Valeo.

- À l'époque, les dégâts de l'amiante sur la santé n'étaient pas tous reconnus comme maladie professionnelle. J'avais dénoncé la pollution du barrage de Pontécoulant par les déchets d'amiante. Les ouvriers sont venus me voir pour me dire "Aidez-nous, parce que nous n'arrivons pas à faire sortir nos problèmes de santé et de maladie professionnelle". J'en ai vu qui m'apportaient leur dossier où ils n'étaient reconnus qu'à 40 %. Deux mois après, ils mouraient. C'était terrible. Et c'est à ce moment-là qu'à nous tous, les scientifiques de Jussieu, les ouvriers de Ferodo, nous, les défendeurs de l'environnement et la revue Que choisir ?, nous avons obtenu l'interdiction du flockage à l'amiante dans les locaux d'habitation. Vous imaginez le nombre de morts qu'il y aurait aujourd'hui si nous n'avions pas mené cette grande bataille, il y a vingt ans ?

Quel combat vous avez mené !

- C'était assez dur, je rasais les murs, je n'osais pas laisser ma voiture à l'extérieur de chez moi parce qu'on avait menacé non seulement de crever mes pneus mais de me jeter dans la rivière ! Ferodo était une très grosse entreprise et les ouvriers eux-mêmes avaient peur de perdre leur emploi, à part une poignée de la CFDT.

C'est bien de ne pas avoir eu peur ?

- Il ne faut jamais avoir peur, et c'est vrai qu'il faut protéger notre environnement. Je me demande toujours si ce qui va le plus vite c'est la prise de conscience que l'on suscite ou bien si ce sont les dégâts causés par la société de consommation ! C'est une course contre la montre permanente."

Pilgrim's Progress

England has its honours list, France has its Legion of Honour, and one of the most recent and most deserving recipients of the latter is Marie-Paul Labey. The distinction she received on October 18th is recognition of thirty years spent fighting for environmental issues within Lower Normandy's regional council, her work in exposing the dangers of asbestos way back in 1975 and her leadership of associations such as 'Rivières et Bocages' and 'Les Chemins du Mont Saint-Michel'.

It was while she was a regional councillor that Madame Labey first put forward the idea of restoring the pilgrims' ways leading to Mont St Michel. The council had already done a great deal to restore the mount's maritime character, but she felt that it 'lacked that spiritual and cultural touch'. This may seem a strange notion coming from a passionate environmentalist, but Marie-Paul Labey has always been an ardent defender of public footpaths, which 'allow each of us to commune with nature'.

Pilgrimages to St Michel started in 708, and it is said that the scallop shells which came to symbolize Santiago de Compostela a century later were first gathered by pilgrims in the surrounding bay. They began travelling there after an angel had appeared to the bishop of Avranches and told him to build a chapel on what was then called Mount Tombe. Other visions followed and two monks were dispatched to the sanctuary dedicated to the archangel Michael on the Gargano promontory in Italy. They returned with what were to be the first two relics enshrined on the mount -neither of which is still there. 'The mount symbolizes the heavenly Jerusalem, the bay the passage from life to death and, for the pilgrims, to eternal life. The place had its own mysticism. It didn't need relics'. In a society obsessed with money, the new pilgrims' ways offer people an opportunity to abandon the treadmill of daily existence in order to search for a new meaning to their lives, meet people they would never normally encounter and set themselves physical challenges. It should also be possible to cover the various journeys on horseback in years to come.

Marie-Paul Labey's commitment to this new cause is as strong as it once was for the anti-asbestos campaign, though at least this time she has not received any threats from workers anxious about losing their jobs. 'It's hard being right twenty years too soon, and I'm always asking myself whether our public awareness campaigns will ever catch up with the damage caused by the consumer society. It's a constant race against time'.

 

Art de vivre

La Comédie Française à Cherbourg et au Havre avec Molière et Copi

Cherbourg accueille en octobre et en novembre la Comédie Française avant qu'elle ne s'installe pour quinze jours, du 30 novembre au 15 décembre, au Havre.


La Comédie Française a été fondée en 1680 par Louis XIV. C'est, selon les mots de son administrateur général, Marcel Bozonnet, " le plus ancien théâtre du monde occidental ". Elle occupe depuis une place unique dans le paysage théâtral français. Aujourd'hui elle est composée de 65 comédiens (40 sociétaires et 25 pensionnaires) qui donnent plus de 800 représentations par an. Au théâtre à l'italienne à Cherbourg, les comédiens français présenteront les 21 et 22 octobre à 20 h 45 une comédie en trois actes de Molière : Le Malade imaginaire. Cette comédie fut la trentième et la dernière de Molière. " Il l'écrivit tout en se sachant gravement atteint de phtisie et choisit de nous faire rire de son propre malheur ". Molière s'éteignit en se jouant de la souffrance et de la mort. Ici, le metteur en scène suisse Claude Stratz nous fait voir la pièce autrement. L'homme seul, abandonné dans un lieu déserté par les vivants et penché sur ses gouffres, donne une vision noire et poétique de cette célèbre farce. Une interprétation qui a la force d'un cauchemar et la beauté d'un songe. Le Malade imaginaire au théâtre à l'italienne à Cherbourg. Entrée : 18 euro. Toujours à Cherbourg, les 19 et 20 novembre à 20 h 45 au théâtre de la Butte, la Comédie Française présentera Une visite inopportune de Copi. Mise en scène de Lukas Hemleb. Copi a écrit cette pièce de théâtre avant que lui aussi ne soit emporté par la maladie. L'artiste argentin est décédé en 1987. Une Visite inopportune décline la mort dans toutes ses variantes. Un homme imagine la mort, s'imagine étant mort et meurt. Le vide, la solitude, la douleur, la peur sont inscrits en filigrane, comme un reflet négatif caché à l'intérieur d'une toile bariolée.

Entrée : 18 euros.

Renseignements : tél. 02 33 88 55 50

Rencontre avec Marcel Bozonnet, Administrateur général de la Comédie Française.

"Molière et Copi tournent la mort en dérision"

La Comédie Française vient à Cherbourg et au Havre dans le cadre d'une grande tournée en France où elle jouera dans une trentaine de villes. Rencontre avec l'administrateur général de la Comédie Française, Marcel Bozonnet, qui dirige cette entreprise de 400 personnes, une véritable PME.

"Oui, c'est une véritable entreprise. Il faut comprendre que la troupe compte 65 comédiens et qu'il y a autour d'elle 25 services et une équipe technique et administrative considérable parce qu'il faut coordonner tous ces métiers. En effet la Comédie Française donne 900 représentations par an. Tout cela demande du personnel.

Quel est le budget de la Comédie Française ?

- Pour parler en francs, 150 millions. C'est un théâtre de répertoire et dans le théâtre de répertoire il y a beaucoup d'acteurs. Évidemment, c'est l'impôt qui subventionne le spectateur. Si nous étions dans une économie réelle, les places coûteraient cinq fois plus cher.

Est-ce que vous avez mis en place les 35 heures ?

- Oui, pour tous les services sauf pour les comédiens. Ça ne pourrait pas fonctionner. On répète une pièce jusqu'à tant que ce soit parfait et peu importe le nombre d'heures. Moi non plus, je ne suis pas aux trente-cinq heures, ni la directrice générale des services.

La Comédie Française a toujours en sa possession le fauteuil de Molière… On ne s'en sert plus sur scène ?

- Non, car c'est une pièce historique. Parmi nos 8 000 costumes il y en certains avec lesquels nous ne jouons pas, nous les gardons comme des reliques.

Vous montez régulièrement Le Malade imaginaire, la dernière pièce de Molière. Ce doit être émouvant.

- Ah, c'est toujours émouvant. Molière est mort après avoir joué cette pièce, à la quatrième représentation. On a dit qu'il est mort en scène, non, on l'a emmené chez lui et il va mourir quelques heures après, à proximité du théâtre. C'est toujours impressionnant de monter cette pièce parce qu'elle contient comme des allusions à une mort prochaine. La mort est très présente, il y a même tout un sketch où quelqu'un fait croire qu'il est mort. De même la pièce que nous montrons à Cherbourg et au Havre, celle de Copi, traite presque du même sujet puisque Copi a réussi, tout en mourant du sida, à écrire une comédie.

Les bruits de botte que l'on entend ces temps-ci, ça ne vous inquiète pas ?

- Si, et il faut trouver le répertoire qui va nous aider à réfléchir.

Dans les lectures que vous avez choisies, on trouve les noms d'Alphonse Allais et de Pierre Desproges.

- Oui, j'aime beaucoup Pierre Desproges.

Il n'était pas tendre pour la société.

- Non, mais il était drôle ! Molière n'était pas tendre non plus pour la société de son époque.

Molière aurait aimé Desproges ?

- Ah, ça, j'en suis sûr ! "

 

 humour

La parole au peuple

Dis-donc, t'as vu ? On va donner la parole aux Normands ! - Ah bon, parce qu'avant on ne les écoutait pas ? - Non, mais là, c'est la décentralisation ! L'honorable État tout puissant, dans sa très grande bienveillance, va bayer à nous, ses manants, quelques privilèges. - Aïe ! En général, quand l'État te donne dix balles, c'est pour t'en prendre le double, et de plus il faut dire merci. Si j'ai bien compris le coup, il refile aux régions du boulot supplémentaire - en clair, il charge le baudet, mais sans le pognon qui va avec ! - Alors là, t'es méchant. Car l'État, quand il te demande un service, n'oublie jamais de le payer. - Ouais, t'as raison ! Quand Paris te demande de construire un lycée, il te file une subvention, en général inférieure au montant de la TVA qu'il va récupérer ! On connaît. Bon, pour revenir à ta décentralisation, qu'est-ce qui veut, le père État ? - Il veut qu'on lui dise ce dont on a besoin. - Oh, ben, c'est facile, c'est comme en 1789 avec les cahiers de doléances. Moi, je vais lui dire, à l'État, tu vas voir. Je lui dirai : alors, quand est-ce que Fastship va arriver à Cherbourg ?

  

- Aïe ! Tu y vas fort. - Je lui dirai : quand est-ce qu'il sera fait, le contournement de Rouen ? - Ouille, ouille, ouille ! Tu n'es pas raisonnable. - Et la RN13, c'est pour le xxiie siècle ? - Oh, tu es injuste, il ne manque plus grand-chose, ça fait vingt-cinq ans qu'on est dessus ! - Et l'A28 ? - S'il n'y a pas de retard ni de nouveau précieux coléoptère à protéger, tout est fini dans quatre ans ! - Et la liaison ferroviaire rapide sur Roissy ? - Incessamment sous peu. - Et le port de Granville ? - Si l'État nous donne un coup de main, c'est fait dans dix ans. - Non, mais, dis donc, mes petits- enfants seront grands-pères, à ce compte-là ! - Et pourquoi pas demander un aéroport pour la Normandie, pendant que tu y es ! Eh bien moi, je sais ce que je vais demander à l'État : qu'il refile aux Normands les trois milliards de pièces d'euro qu'il a fait fabriquer en trop. Tu vois un peu la cagnotte ? Avec ça, on met tous les Normands aux trente heures. À nous le beurre, l'argent du beurre et la fille du crémier !

68 pages tout couleur
£2 / 3 Euros
Bimensuel

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