numéro 179

Au sommaire du numéro Septembre-Octobre 2002

 Evénement

  • Le château de mon père
    Christopher Forbes nous reçoit dans son château de Balleroy, propriété depuis trente ans de la famille Forbes
    Why an American's Home is his Château

 Que se passe-t-il en Angleterre ?

  • Clandestins : Portsmouth, ne vois-tu rien venir ?
    Rencontre avec des demandeurs d'asile et des responsables de la ville de Portsmouth

 Que se passe-t-il en Normandie ?

  • Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a reçu les élus manchois
    pour évoquer le dossier des clandestins s'embarquant de Cherbourg pour la Grande-Bretagne

 Politique

  • Les élections législatives de juin 2002
    ont peint la Normandie en bleu
  • 6 questions à Jean-François Le Grand,
    sénateur et président du Conseil général de la Manche, qui évoque ses projets pour le département
  • La Cité de la Mer à Cherbourg
    fête son 200 000e visiteur

 Que se passe-t-il dans le Sud Anglais ?

  • Caen-sur-Mer à Portsmouth
    Lucky Break
  • Patrimoine à l'anglaise
    When the Past is like a Foreign Country

 Economie

  • Jean-Luc Andrieux s'explique
    Le directeur de COGEMA La Hague fait le point sur les perspectives qui s'offrent à l'usine
  • Jersey et la Manche à petits pas
    En attendant les deux bateaux qui devraient bientôt rapprocher Jersey et la Manche, les élus ont fait en juin un petit bout de chemin ensemble
    Jersey's French Connection

 Coup de Projecteur ?

  • Tocqueville de retour en Normandie
    Le sculpteur mayennais Louis Derbré vient de créer la statue d'Alexis de Tocqueville.
    Elle a pris place à Saint-Lô.

 

 Art de Vivre

  • A voir absolument,
    les sculptures de Camille Claudel à l'Abbaye-aux-Dames à Caen.
  • Expos, livres, enchères, " Voici Londres ", Traduc Pursuit, Potins des fourneaux...

 Humour

L'Evénement

Le château de mon père

On pourrait croire que l'agenda de Christopher Forbes, vice-président de Forbes Magazine à New York (la diffusion de Forbes Magazine, qui emploie près de 1 000 collaborateurs à travers le monde, dépasse le million d'exemplaires), est suffisamment rempli. Eh bien non ! Christopher Forbes doit toujours et encore restaurer le château de Balleroy, dans le Calvados, dans lequel huit personnes travaillent à l'année pour redonner vie à ce " bijou de famille ".

Le château de Balleroy, construit en 1631 par François Mansart, fut doté de l'un des tout premiers plans d'urbanisme de France, qui inspira celui de Versailles

" Mon père connaissait déjà la Normandie puisqu'il a participé au débarquement " rappelle Christopher Forbes. " Puis nous avons vécu en Angleterre et dans les années 1970 il souhaitait acheter une maison en Europe ; quand il a reçu une brochure, Les plus belles Demeures de France, il a dit : "Nous allons prendre l'avion pour voir ce château en Normandie". C'était celui de Balleroy, et ça a été le coup de foudre.

En dépit des travaux très importants à réaliser ?
- Remettre en état un tel bijou d'architecture est un privilège.

Mais les travaux n'ont pas cessé depuis plus de trente ans. Qu'est-ce qui va changer prochainement dans cette illustre demeure ?
- Nous souhaitons que les visiteurs puissent redécouvrir ce qu'était la vie au XVIIe siècle, leur ouvrir le pigeonnier et les anciennes cuisines. Depuis une terrasse, on découvre le paysage alentour tel qu'il était il y a environ quatre siècles. Le château est classé, le site protégé, je trouve ça formidable. C'est rare de trouver une telle cohérence d'ensemble, nous nous devons de préserver un tel environnement dans l'état, pour les futures générations. Nous recevons ici des artistes peintres, des sculpteurs. Certains viennent d'Angleterre, d'autres des États-Unis. Leurs œuvres sur Balleroy et les alentours qui sont exposées à New York font d'eux de réels ambassadeurs pour cet endroit de Normandie.

Le 11 septembre 2001 a marqué la planète entière. Est-ce qu'on peut effacer une telle blessure ?
- Non, mais il faut faire le maximum pour qu'un tel désastre ne se renouvelle pas.

La vie à New York est redevenue tout à fait normale ?
- Petit à petit tout est redevenu comme avant. Les restaurants sont pleins, les maîtres d'hôtel sont aussi distants qu'ils l'étaient avant, tout est normal ! Mais il y a toujours des discussions sur ce que pourrait devenir le site.

Un mémorial ?
- Peut-être. Cependant il faudra qu'il y ait aussi un aspect commercial parce que si l'ensemble du site devenait un mémorial, ce serait les terroristes qui auraient gagné ! "

 

Christopher Forbes, un jeune home de cinquante et un ans, souhaite poursuivre au château de Balleroy l'oeuvre de son père.
Chrispher Forbes, a young man of fifty-one, intends to carry on father's work at the château de Balleroy.

Why an American's Home is his Château

The Forbes connection with Normandy is now two generations old. Malcolm Forbes had taken part in the D-Day Landings and, as his son Christopher recalls, 'when we were living in England in the 'seventies, he decided he wanted to buy a house in Europe. When he received a brochure called 'Les Plus Belles Demeures de France', he said, "let's take a plane and go and see this castle in Normandy." It was Balleroy and he fell instantly in love with it'.
The Balleroy of thirty years ago was a very different place than it is today, being in a state of advanced dilapidation, but 'it's a privilege to restore such an architectural jewel', according to the Vice President of Forbes Magazine. In actual fact, the work is never-ending. Malcolm Forbes believed that anyone who was lucky enough to own an architectural jewel of this sort had a duty to share it -a sentiment shared by his sons.
It is rare to find a listed building in a protected area and Christopher Forbes considers it his duty to carry on his father's work and preserve it 'for future generations'. This does not mean that the place is frozen in time, and indeed it is increasingly becoming a centre for the arts
-the venue for concerts and a favourite subject for British and American artists who become 'ambassadors for this corner of Normandy' each time they show their works in New York.
Any discussion with an American citizen eventually turns to the events of September 11th and its continuing repercussions. Christopher Forbes was greatly moved by the many expressions of sympathy he received from French friends. Life is slowly returning to normal in New York. 'People are still talking about what should happen to the site (...) There should be some commercial aspect, because if the whole site becomes a memorial, the terrorists will have won!'

 

 humour

Justice sociale bien ordonnée...

Monsieur mon premier ministre, soyons efficaces. Comme dirait
Sarkozy : objectif résultats ! - Oui, monsieur le président, mais tout de même, restons modestes. Donc, nous baissons les impôts ? - Tu l'as dit ! Mais il faudra expliquer que nous allons les baisser sans les augmenter, afin que l'on comprenne bien que la baisse ne pourra pas forcément compenser une éventuelle augmentation. - Oh, très bon, monsieur le président. Et pour les charges sociales, qu'est-ce qu'on fait ? - Eh bien, c'est le même principe. Il est évident qu'il faut les baisser, puisque leur niveau n'a cessé de monter. Il faut donc trouver un juste équilibre entre la ligne de flottaison et une éventuelle augmentation. - Oh, c'est savant. En clair, on ne bouge pas. Et pour le nombre des fonctionnaires ? - Eh bien, nous allons le diminuer mais sans dégraisser le mammouth. - C'est miraculeux ! - Mais oui, Raffarin, la politique, c'est ainsi. Quand vous serez dedans depuis quarante ans, vous le saurez. Lorsque vous dites que vous faites, vous ne faites rien. Ça surprend au premier abord mais on s'y fait. Tenez, la TVA, par exemple : l'hôtellerie-restauration souhaite qu'elle descende à 5,5 %. Eh bien, nous allons nous en occuper... Vous voyez ce que je veux dire. - Mais on l'avait promis ferme pendant la campagne ! - Mais voyons, les élections sont passées, et le passé, c'est le passé. Nous n'allons pas passer notre temps à ressasser le passé !

  

 - J'avais pas vu ça comme ça. Et pour l'augmentation du SMIC, qu'est-ce qu'on fait ? - Eh bien, comme d'habitude, des réunions et encore des réunions ! Nous allons créer une commission qui fixera, justement, les dates des prochaines réunions. Voyez-vous, l'important, dans la démocratie, c'est de donner la parole au peuple. Et pendant qu'il discute, on est tranquille, on peut travailler. - Si j'ai bien compris, monsieur le président, on change tout, ça veut dire qu'à partir de maintenant ça sera comme d'habitude ? - C'est à peu près ça. - Donc pour les salaires des ministres, on ne change rien non plus ? - Ah non, là, nous touchons à une question de justice sociale ! Et à cet égard, c'est fondamental. Il s'agit d'un emploi précaire, et il y a pas mal d'anciens ministres sur le pavé en ce moment, qui ont bien du mal à se recaser. Quel métier voulez-vous que fasse un ex-ministre, voulez-vous me dire ? Aucun chef d'entreprise n'en veut ! C'est pour ça qu'ils réintègrent vite fait leur corps d'origine, bien au chaud dans l'État. - Bravo, monsieur le président, je reconnais bien là votre sens de l'équité. Nous allons donc aligner ces salaires sur le coût de la vie, comme on l'a fait pour le SMIC, soit 2,5 % d'augmentation. - Oh, mon ami, nous pourrions peut-être faire un effort... Voyons un peu, disons une augmentation de, je ne sais pas... par exemple... Il faut montrer que nous sommes attentifs aux questions sociales... Disons... 70 % !

68 pages tout couleur
£2 / 3 Euros
Bimensuel

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