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Economie
Dossier Export Haute-Normandie :
Rikiki, mais maousse kosto !
C’est l’une des plus petites régions de France, avec seulement deux départements. Deux grands ports et quelques grosses industries lui donnent une image conquérante mais il fait toujours bon vivre au pays des impressionnistes et de Guy de Maupassant.
" Rikiki, mais maousse kosto ! " dit la pub pour la lessive… et pourrait presque dire la Haute-Normandie en vantant son image, en vendant son ticket.
Oui, cette Haute-Normandie - qui se limite à la Seine-Maritime et à l’Eure et qui ne représente que 3 % de la population française - pèse quand même lourd dans la balance économique. Des preuves (chiffrées, bien sûr) ?
- la Haute-Normandie, c’est la première façade maritime du pays. Avec Le Havre, port français leader pour le commerce extérieur… Et avec Rouen qui fait son blé et ses céréales. Avec cette Seine qui est le plus large de nos cordons navigables
- la Haute-Normandie, c’est l’un des gros pools industriels français. Qui produit 20 % de la pâte à papier, 30 % de voitures, 50 % des plastiques… et aussi 60 % des lubrifiants
- la Haute-Normandie, c’est le plein d’énergie. Avec les raffineries de la basse Seine (le tiers de la capacité de raffinage français) et les centrales nucléaires de la côte d’Albâtre (12 % de l’électricité)
- la Haute-Normandie, c’est le troisième produit intérieur brut de France (plus de 120 000 F par habitant) et c’est aussi le quatrième rang français pour le commerce extérieur.
Bien sûr, l’Eure est d’abord une terre agricole. Une terre de grande tradition céréalière, où domine essentiellement le blé. Le blé tendre devant le colza et les autres cultures dites industrielles. Ah, les blonds épis des plateaux d’Evreux-Saint-André et du Neubourg - ou encore du Vexin normand - qui n’en finissent pas de s’étendre… puisque même les pâturages à bovins du Pays d’Ouche, cher à Jean de La Varende, se reconvertissent en champs de céréales.
Notons que cette Eure rurale sait aussi être exquise puisqu’elle s’est mise au foie gras. Sur les quelque 70 éleveurs-gaveurs haut-normands (avec un cheptel de 20 000 canards et oies), une majorité est installée entre Risle et Seine.
Mais l’industrie se veut aussi présente. Les PME de la vallée de l’Avre versent volontiers dans la mécanique tandis que Vernon a trouvé son fil d’Ariane en propulsant toute une industrie de pointe dans les nuages, et même au-delà.
À Evreux, qui joue volontiers la carte des services, le groupe Hérissey imprime 250 millions de livres par an (plus de la moitié du marché français) et Glaxo Wellcome possède son premier site mondial de production d’aérosols. D’ailleurs la pharmacie est bien devenue un secteur stratégique dans tout le département avec la présence de nombreux grands groupes mondiaux, notamment à Val-de-Reuil.
Bernay tient avec Ceisa le leader européen de l’emballage automatique pour l’industrie. Allibert à Gaillon ou Valois au Neubourg : la plasturgie, elle aussi, se fixe aussi dans l’Eure, une Eure… si proche de Paris.
Avec ses silos qui s’élèvent comme autant de modernes clochers, Rouen est devenu l’agro-port de l’Europe, le numéro un européen de l’exportation des céréales et le numéro un mondial de l’exportation du blé. Voilà même qu’il se sucre ; pardon, qu’il donne aussi dans le sucre ! Bien sûr, les engrais, le bois et la pâte à papier, les produits chimiques… mais aussi des convois de conteneurs passent toujours par Rouen, port entre terre et mer. Si proche de la terre et pas si loin de la mer.
Aujourd’hui, le visage industriel de l’agglomération rouennaise a changé. La chimie, la construction mécanique, l’automobile et le papier pèsent toujours lourd, même si le secteur tertiaire prend de plus en plus d’importance dans la capitale régionale.

Côté havrais, le regard se tourne vers l’océan. La ronde des porte-conteneurs (plus de 3 000 par an) est régulière. Pour faire mieux, encore et toujours mieux, c’est-à-dire pour accueillir les grands formats - et pour résister aux grands ports concurrents du Nord européen - on mise sur Port 2000.
Si Le Havre voit s’éteindre la construction navale, le raffinage et la construction automobile restent les points forts d’un secteur industriel. Qui possède aussi des "niches " comme le café (c’est une tradition) et affiche d’étonnants champions comme Sidel, capable de mettre le monde en bouteilles (plastique).
La terre cauchoise possède un sacré troupeau de bovins (dans les 750 000 têtes) et de fameux champs de lin. Et le Pays de Bray fait son lait, son beurre, son fromage - le neufchâtel est le plus ancien des fromages normands - et ses yaourts Danone. Guy de Maupassant pourrait toujours s’y régaler.
La vallée-frontière de la Bresle connaît, elle, l’ivresse du flacon. Car ici, c’est le verre qui compte et les plus grands parfums viennent y chercher leurs plus beaux emballages. Et puis cette Haute-Normandie se remet enfin au tourisme. Sur les pas d’Emma Bovary ou au fil du fleuve et des abbayes, à quelques encablures du repaire d’Arsène Lupin à Etretat ou au pays des premiers bains de mer, toute une région se refait une beauté. En traçant ses routes touristiques, en ouvrant ses fabuleux parcs et jardins, en sortant les multiples trésors de ses musées, en misant sur ses églises, ses cathédrales, ses manoirs, ses châteaux et aussi sur ses petites chaumières… Et, bien sûr, en présentant une bien belle table.
Oui, elle est gourmande, cette Normandie-là !
Suivent les portraits de dix entreprises exportatices haut-normandes : Jeulin, Sidel, Soget, SEP (division de SNECMa), Chiralsep, Caillard, Fouré Lagadec, AMN, Glaxo Wellcome et Colloïdes Naturels International.
Haute-Normandie: Pastoral Idyll
and Thoroughly Modern Enterprise
They don’t blow their own trumpet in
Haute-Normandie, certainly not as far as publicity is concerned. Blue skies and spotted cows have done the job for fifty years, so they’ll last a bit longer.
But there are other things going on here, and we’ve got some (very French) statistics to prove it:
Haute-Normandie makes up only 3% of the population of France, but each person produces an amazing £13,333 worth of raw materials per annum. It is also the fourth most important department of France in terms of its exports.
Now that we’ve got that over, let’s see how it’s done:
In the Eure, for instance, you can imagine the fields of golden corn (and rapeseed) stretching as far as the eye can see, even overwhelming the rich pastures of the Pays d’Ouche. But they’re getting quite fancy here now, they go in for foie gras, and some of them are even into space, pharmaceuticals, automated packaging, and plastics technology.
It’s obvious what they do in Seine-Maritime, they’re into ports, they’ve got the River’s Daughter and the Ocean’s Gateway (that’s Rouen and Le Havre to you and me). These ports live on a rich diet of corn, sugar, fertilisers, timber, wood pulp, chemical products, cars and coffee, passing through their (mostly computerised) systems every day. They may have lost the transatlantic liners, but they’re banking on Port 2000 settling not too far away. Fishing and the cross-Channel trade may be not what they were, but food processing is on the up and up, even if the food to be processed has to be imported!
Now in the Pays de Caux, with its vast herds of cattle producing all that milk, butter and cheese, the picture postcard image does still persist, and it is here that Haute-Normandie eventually turns to tourism. The glass-works of the Bresle valley give way to meadows and beaches ready to beguile you, and the department reveals its treasures, its abbeys and manor houses, cottages, castles and cathedrals. If you can hang on a moment, they’ll be setting the table in the dining room…
Yes, they know how to indulge themselves too, here in Haute-Normandie.
Art de vivre
Le Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô fête Jef Friboulet
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| Le violoncelliste |
Du 27 février au 19 avril, vous pourrez voir au Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô des toiles et des sculptures d’un des grands artistes de notre temps, Jef Friboulet. Sur le thème " Rien que pour mon plaisir ", cette exposition vous permettra d’effectuer un voyage au pays de Jef. La philosophie humaniste de cet ancien terre-neuvas n’a pas changé d’un poil de pinceau pendant un demi-siècle. Il peint avec force et virilité ses contemporains, notamment les plus humbles : Le Ramasseur de pommes de terre, La Repasseuse, Le lecteur de journal… Ses couleurs travaillées au couteau, jaune, ocre, garance et blanc pur soulignent sa passion pour la vie. Vlaminck lui dit un jour : " Vous êtes né peintre comme d’autres naissent paysans ou marins ".
Né en 1919 à Fécamp, Jef connaît très tôt l’orphelinat des marins. Il s’engage en 1939, à dix-neuf ans, comme pilote au 104e régiment d’aviation du Bourget. A la déclaration de guerre, il rejoint en Afrique les Forces françaises libres. Après la guerre, il fera trente-six métiers pour nourrir la famille mais petit à petit, il finira par s’imposer comme un grand artiste. Michel Carduner, le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô, qui l’a invité à exposer, s’en explique : " J’aime la peinture qui a du sens et de l’humanité, et celle de Jef en possède énormément. Je n’aime pas les concepts qui raisonnent comme des tambours. J’aime le contraste saisissant entre l’homme ruisselant de bonhomie rigolarde et tendre et sa peinture figurative aux traits rugueux et aux couleurs brutes, sans concessions. Rien à voir avec ses épigones pâlichons qui singent sans y parvenir la densité de cette œuvre puissante qui décline sans mesure l’humanité des humbles travailleurs, de la terre et de la mer ".
Au Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô vous découvrirez ou redécouvrirez ce peintre et sculpteur surprenant qui a atteint une renommée internationale bien méritée.
Exposition visible du samedi 27 février au lundi 19 avril 1999.
Ouvert tous les jours, sauf le mardi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
Musée des Beaux-Arts
Place du Champ de Mars
50000 Saint-Lô
tél 02 33 72 52 55
Friboulet comes to Saint-Lô

Mater Dolorosa
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From February 27th to
April 19th, the art gallery in Saint Lô is staging a major exhibition of Jef Friboulet’s canvases and sculptures.
A man who has known the harsh conditions of fishing off Newfoundland, the dangers of war in the Free French airforce and the simple drudgery of trying to make ends meet, Friboulet paints his humble contemporaries with strength and virility, his figurative works characterized by rough lines and raw colours. The gallery’s curator Michel Carduner ‘likes paintings with meaning and humanity and Jef’s paintings possess both in abundance".
After the hardship of his early life, Jef Friboulet has achieved international renown and won several prestigious awards. As Maurice de Vlaminck once told him, ‘you were born a painter, just as others are born farmers or sailors’. |
L'Evénement
COGEMA : le bug de l'an 2000
Tempête sur le Cotentin. Au 1er janvier 2000 au plus tard, l’Allemagne aura suspendu ses contrats de retraitement des déchets radioactifs. Pour le département de la Manche, et surtout pour le Nord-Cotentin, l’addition sera lourde. Il aura suffi d’une décision politique qui remet en question un contrat de 30 milliards pour que les vraies questions soient enfin posées.
Un coup dur pour l’usine de retraitement de La Hague, et sans doute un sérieux coup de frein à l’économie du département de la Manche. En effet plusieurs centaines de millions tombent dans les caisses des communes du Nord-Cotentin et, bien sûr, dans le budget du Conseil général qui les investit dans son programme routier. " Allons-nous faire du Nord-Cotentin un nouveau Larzac ? " s’inquiète un conseiller général. En effet la rupture du contrat avec l’Allemagne provoquera inévitablement des répercussions négatives en cascade.
Même si, comme l’indique Dominique Voynet dans Ouest-France, " La Hague gardera ses emplois ", il ne faut pas mésestimer l’impact sur la sous-traitance. Et le quotidien de rappeler : " Le projet de loi sur lequel se sont entendus les partenaires sociaux-démocrates et les Verts du nouveau gouvernement allemand stipule que plus aucune autorisation ne sera donnée pour construire de nouvelles centrales nucléaires et que le retraitement des combustibles irradiés sera interdit à partir du 1er janvier 2000 ". Ce contrat représente tout de même 10 % du chiffre d’affaires de l’usine de La Hague…
(Lire la suite de l'article dans le numéro 151 de Normandie-Magazine, 20 F en kiosque, ou sur abonnement, 200 F pour 10 numéros)
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