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![]() Au sommaire du numéro de Décembre 1998
Haute-Normandie :
une université bilingue ?
Des canards et des plumes La Normandie sort de sa coquille
Port 2000 : le feu vert du gouvernement
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Né à Cértegui, village de mines d’or et de platine de la province du Choco (Colombie), Arnoldo Palacios vit en Normandie depuis de nombreuses années. Il a choisi de s’installer en France " parce que c’est la patrie des droits de l’homme ". Nous sommes heureux de l’accueillir au sein de la rédaction en tant qu’éditorialiste. J’ai fait la connaissance
du Docteur Salvador Allende en Colombie, à Bogota. Dans une assemblée
solennelle, dans l’enceinte de l’Académie colombienne de la Langue,
devant un public enthousiaste, plein d’espoir, nous l’écoutions défendre
personnellement le programme et les actions de son gouvernement d’Unité
populaire. Il nous démontra, par exemple, chiffres à l’appui, que
la nationalisation des mines de cuivre n’obligeait pas à indemnisation :
elles avaient déjà produit bénéfices somptueux pour ses exploitants
et misère pour la grande majorité du peuple. Magnifique orateur, voix
et façons amicales. Formant un petit groupe d’étudiants, de gens de
métiers, de mères de famille, de jeunes filles au chômage, de paysans,
nous avons plus tard sollicité audience auprès du président Allende,
qui nous accueillit à l’ambassade du Chili. Nous avions pris la décision
de lui poser franchement la question, à lui-même : ne craignait-il
pas un coup d’Etat ? Il nous répondit que l’armée chilienne,
par tradition, avait toujours respecté la légitimité. Le poète prométhéique
espagnol avait dit : Voilà que le 16
octobre de cette année 1998, le général est arrêté à Londres sur ordre
de M. D. Baltasar Garzon Real, magistrat-juge auprès du tribunal central
d’instruction n°5 de l’Audience nationale d’Espagne. Motif :
" génocide, terrorisme et tortures ", (selon les
nouvelles publiées). Arnoldo
Palacios
Il y a cent ans, Guillaume Mallet créait près de Dieppe son fabuleux jardin, le Bois des Moutiers. Soigneusement entretenu par ses descendants, il émerveille toujours autant. Né en 1860, héritier d’une famille de banquiers protestants, Guillaume Mallet est aussi l’arrière-petit-fils de Christophe Oberkampf, le cofondateur de la Manufacture des Toiles de Jouy. C’est pourquoi son enfance se déroule à Jouy-en-Josas, dans un parc à l’anglaise dessiné sur les conseils de Thomas Blaikie, un célèbre jardinier britannique. Les jardins, l’Angleterre : les deux mots-clés du destin de Guillaume Mallet sont déjà présents dans son enfance. Quand la guerre de 1870 chasse les Mallet de Jouy, ils trouvent refuge dans l’Ile de Wight, à Shanklin, " le plus délicieux endroit que l’on puisse imaginer ". Le paysage et la végétation marqueront le jeune Guillaume. Il les retrouvera plus tard, presque semblables, au Bois des Moutiers.
En même temps les
Mallet se lancent dans l’achat de plantes pour leur immense jardin.
Edwin Lutyens leur a fait connaître Gertrude Jekyll, la grande paysagiste
anglaise. Sur ses conseils, ils mêlent azalées et bruyères tandis
que sous un bois de pins poussent digitales, verbascums et fougères.
Les pépiniéristes de l’Europe entière sont mis à contribution pour
fournir des plantes dont la liste ne cesse de s’allonger. Catherine
Forestier
Ce 10 décembre, on a inauguré l’accès à l’A 29 via le pont de Normandie et un nouveau ruban autoroutier entre Yvetot et Saint-Saëns qui relie l’A 28 à l’A 29. Pour leur part, les communes de l’estuaire espèrent que ces nouvelles liaisons leur apporteront un maximum de retombées économiques. Lorsque le pont
de Normandie a posé son immense pied sur la commune de La Rivière
Saint-Sauveur, l’angoisse était à son comble. Mais si aujourd’hui
la langue de bitume est bien là, frôlant commerces et habitations,
elle s’est faite " aérienne " grâce à un viaduc
qui enjambe le village à pas de géant. Le maire de La Rivière, Michel-Olivier
Mathieu, le trouve même " joli ", ce viaduc. Ses
arcades lui donnent, il est vrai, des airs de gigantesque sculpture
contemporaine. " L’ouvrage n’a rien à voir avec celui initialement
prévu. Il est le fruit d’efforts communs entre les élus de la région
et l’administration " note-t-il avec satisfaction. Sous
le viaduc, le maire a en tête des projets d’aménagement tels que parking,
jardin public, place de marché... Adjoint au maire du Havre, " un port à vocation intercontinentale qui a une carte à jouer au niveau européen ", Jean-Marc Olivier est un utilisateur régulier des autoroutes toujours congestionnées qui desservent les grands ports d’Anvers ou de Rotterdam. Pour lui, il ne fait aucun doute que Le Havre est désormais bien placé et compte " sur le lobbying des camionneurs qui sauront apprécier l’intérêt des autoroutes normandes ". Quant à André Desperrois, le maire de Pont-L’Evêque, il rappelle que " Le pont de Normandie a toujours signifié pour nous un espoir. Nous pensons que le pont devrait créer dans l’avenir un formidable appel d’air économique. Et ces nouveaux rubans qui sont créés aujourd’hui vont faciliter cette complémentarité avec la rive droite, beaucoup plus industrialisée. De notre côté nous espérons attirer des industries légères, du tertiaire, de l’agroalimentaire. Nous avons pour nous un environnement exceptionnel. La qualité de la vie est devenue une donnée essentielle. " Ces nouveaux nœuds autoroutiers devraient permettre de mieux appréhender l’avenir. La région sera mieux irriguée, la grande ville du Havre, mieux reliée, sera apprivoisée par ces communes rurales qui ont conservé un commerce traditionnel dynamique. Aujourd’hui on a la possibilité de travailler à la ville et de vivre à la campagne. Dans les communes de l’estuaire, ce n’est pas le moindre des avantages apportés par le pont de Normandie et ses liaisons avec l’A 29. |
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