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A la Une
La Normandie en dentelles
Des
créations sublimes au point d’Alençon, en blonde de Caen, en dentelle
noire de Bayeux, au point d’Argentan… sont nées depuis deux siècles
en Basse-Normandie. C’est pour donner à cet artisanat un nouveau souffle
que François Doubin, maire d’Argentan, et Mick Fouriscot, présidente
déléguée de la Fédération française des dentelles et broderies, avec
le concours de grands couturiers, ont suscité la création de "La
Route des dentelles normandes", qui rassemble sept villes dentellières
: Alençon, Argentan et La Perrière (Orne), Bayeux et Courseulles (Calvados)
et Villedieu-les-Poêles (Manche), bientôt rejointes par la ville de
Caen. Le but : regrouper, valoriser, développer l’art dentellier normand.
Il est grand temps : on ne compte plus que 27 dentellières confirmées
en Basse-Normandie. La Route des Dentelles normandes contribuera à
relancer la production régionale en favorisant la mise en place de
centres de formation et d’ateliers de production. Certaines villes
de la Route proposent en effet des formations et des stages d’initiation
et de perfectionnement à la pratique dentellière qui pourront être
étendus à l’ensemble des villes partenaires. Les ateliers de production
seront renforcés et de nouveaux ateliers pourront être créés.
Olivier Lapidus, le fils
de Ted, est un couturier particulièrement imaginatif, toujours à l’affût
de nouvelles techniques. Sa collection Eté 1998 l’a vu réaliser dentelles
et broderies selon le procédé de la "géométrie fractale"
mis au point par le mathématicien Benoît Mandelbrot.
Les dentellières d’antan ne se seraient pas doutées que l’on pouvait
appliquer à leurs créations l’équation Zn+1 = Zn2 + C, mais Olivier
Lapidus l’a fait ! "Ce procédé aléatoire offre la particularité
de créer une nouvelle figuration pour la dentelle et la broderie."
Un nouveau procédé CAO (conception assistée par ordinateur) adapté
aux machines à broder est d’ailleurs en cours d’expérimentation d’après
les lois de Mandelbrot.
"L’art de la dentelle
est l’un des métiers les plus anciens et en même temps les plus modernes,
explique Olivier Lapidus. C’est ce qui me séduit. Cela correspond
à tout ce que je défends dans le métier de couturier, l’interaction
entre le passé et le futur." Le rôle de la dentellière classique,
c’est d’apprendre à la machine le langage de la beauté. Elle est la
garantie de ce savoir-faire. Dans le textile, ce qui fait la différence
entre la France et les autres pays, c’est cette merveilleuse culture
acquise à travers les dentelles, les broderies, les passementeries,
les petites mains... Un univers qu’on aurait tort de croire futile.
"Tout le problème de l’artisanat aujourd’hui, c’est de savoir
ce qu’on va faire des artisans demain. La réponse à cette question,
c’est de leur conférer cette dualité, cet axe artisanat-recherche.
Les artisans d’hier seront les chercheurs de demain. Il y a une vraie
intelligence dans ces métiers-là".
Catherine
Forestier
Retrouver le dossier complet dans le numéro
de Novembre 1998 de Normandie Magazine.
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Picking up the Threads
Normandy is becoming increasingly
aware of its heritage, witness the new Lace Route brings together
seven towns once renowned for their lacemaking, in order to develop
and enhance the image of this delicate and complex art. One aim is
to set up new workshops and organize new lacemaking courses. Alençon,
Argentan, Courseulles, La Perrière and Villedieu-les-Poêles all have
permanent exhibitions of local lace production and the Lace Route,
like those highlighting Normandy’s cider, calvados, watermills, abbeys,
cheeses and will doubtless boost tourism. Lace could become an economic
asset for Normandy, as a tourist attraction, a luxury commodity and
an occupation of the future’.
As regards the past, lacemaking has certainly had a chequered history.
The French Revolution nearly killed it off completely, as did the
advent of machine-made lace. Even so, Bayeux, where 5,000 workers
were employed in the trade in 1930, still supplies handmade bobbin
lace to haute couture houses such as Balmain, Dior and Hermès. Moreover,
Olivier Lapidus, son of Ted, after developing several revolutionary
fabric printing techniques, has turned his attention to lace and embroidery,
commissioning pieces for his 1998 collection based on Mandelbrot’s
fractals from both Bayeux and Alençon, where a workshop founded in
1976 employs a dozen people turning out the famous Point d’Alençon.
Magazine
Route
du Rhum : L'Atlantique pour gagner
La
Route du Rhum est de loin la transat en solitaire la plus convoitée.
Heureux le marin qui parvient à franchir la ligne d’arrivée en vainqueur,
il entre au panthéon de la course au large. Paul Vatine pourrait devenir
l’un de ceux-là. Le skipper normand l’affirme d’ailleurs haut et fort
: "Cette Route du Rhum est la mienne". Cette année, ça passe
ou ça casse. Point !
Il n’y a que sept bateaux capables de gagner cette année. Des multicoques
évidemment, avec les incontournables Vatine, Peyron, Joyon et Bourgnon
plus les trois Guillemot, Cammas et Gautier. Car la Route du Rhum
est impitoyable. De Saint-Malo à la "Tête aux Anglais",
de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un combat incessant de douze
à treize jours au minimum. "Dès la sortie, à la pointe du Grouin,
ça tabasse. On tire des bords jusqu’à atteindre l’anticyclone de l’Atlantique
Sud mais la route est plus longue ; on peut choisir aussi de rester
dans la dépression pour filer vers l’ouest". Quel sera le choix
de Vatine ? "Il faut s’adapter aux conditions du parcours. S’il
faut aller virer le long des côtes de Floride, je le ferai".
Ses routeurs, Bodin et Bernot, l’aideront à définir sa stratégie.
Ces hommes de l’ombre, dans le calme d’un bureau, auscultent les vents,
comparent les dépressions et choisissent le cap. "Ils sont indispensables,
sans eux nous serions des pilotes aveugles". Ils sont tellement
convoités qu’il faut retenir son équipe météo trois ou quatre ans
à l’avance. Laurent Bourgnon, lui, a choisi de s’entourer de six routeurs.
Mais ce ne sont pas des machines conduites depuis la terre qui vont
gagner le Rhum, ce sont des marins. Pour gagner, Paul Vatine définit
cinq paramètres par ordre croissant d’importance. "En cinquième
position, la vitesse : ça parait surprenant mais à quoi sert d’aller
trop vite si c’est pour se perdre dans les détours inutiles, ou pire,
abîmer la machine ? En quatrième, le mental : c’est une révolution
pour moi, avant je le plaçais en premier. En troisième position, le
physique : aujourd’hui, pour piloter un bateau de course, il faut
être un athlète. Tout est dur, pénible, casse-gueule… Pour se sortir
d’une mauvaise situation, il faut être musclé. En deuxième position,
la pratique et l’expérience et le bon choix de la trajectoire. Enfin,
en première position, la fiabilité : homme et machine sont terriblement
sollicités, tout doit résister pour être tout le temps en éveil et
au combat…" Enfin, hors classement, il y a la chance. "On
ne la maîtrise pas. C’est vrai que j’ai pas toujours été chanceux".
Le marin l’avoue aussi, il faut aussi maîtriser la peur et le stress.
Vatine met des boules Quiès afin d’atténuer les bruits. "Mon
bateau est très bruyant, il siffle énormément. Dans les coups de tabac,
le bruit peut ajouter inutilement à l’inquiétude". Et quand dort-on
sur un bateau de course ? "Jamais plus de vingt minutes,
ça doit suffire pour se reposer. Encore faut-il être capable de s’endormir,
de s’isoler pour ne plus penser à la course. Au terme de ces vingt
minutes, je suis réveillé par le klaxon du navire. C’est véritablement
cauchemardesque. Je suis obligé de reconstituer mon cerveau petit
à petit, bout par bout, et plus ça avance, plus c’est difficile. On
replonge violemment dans la brutalité de la course. Souvent, on se
pose des questions : qu’est-ce que je fais là ? et on rêve d’un
bon feu de cheminée. Et puis tout repart, on s’installe, on s’adapte
à son inconfort, comme un poilu dans les tranchées".
S’il gagne ? "Ça va changer ma vie d’homme avec son histoire,
ma vie ici au Havre, mes compétitions. Les trente ou quarante ans
qu’il me reste à vivre seront définitivement bouleversés. Et cette
victoire, je la partagerai avec tout ceux qui m’ont suivi jusque-là".
Et s’il ne gagne pas ? "Je devrai vivre avec ma défaite".
The Loneliness of a long Distance Yachtsman
The
Route du Rhum competition, from St. Malo (France) to Pointe-à-Pitre
(Guadeloupe, is a high-profile, difficult race, where you have to
cross the North Atlantic single-handed "in the wrong direction" against
the prevailing winds. Some of the biggest names in the racing world
are taking part in it, including the previous winner Laurent Bourgnon
and Paul Vatine, on his trimaran Chauss’Europ. One of the biggest
factors will be the route (north or south) chosen by the competitors,
according to the weather conditions. Vatine is relying on two experts
(booked three years ago) to define his strategy. Bourgnon has a team
of six ‘routers’.
Once the race has started, despite the high-tech nature of the vessels
and the presence of back-up teams on the mainland, everything continues
to hinge on the skipper, who has to keep going for at least twelve
days on snatches of sleep lasting no more than twenty minutes. Vatine
believes there are five decisive factors for success, with speed surprisingly
in fifth place —‘there’s no point going too fast if you then get caught
up in pointless detours or, worse still, damage your machine.’ Mental
attitude, which he used to place first, has now been relegated to
fourth position, behind physical strength. Practice, experience and
the correct choice of trajectory come second, with reliability heading
the list, because ‘both man and machine undergo terrible strains.’
Luck is in a category all of its own.
For Paul Vatine, victory will ‘radically and definitively change the
rest of my life.’ If he does not win, ‘I’ll have to live with my defeat'.
Eclipse totale
Le Soleil au beurre noir
Le 11 août 1999, en
plein midi, la Normandie sera plongée dans l'obscurité d'une éclipse
totale du soleil. Réservez vos places : ce phénomène naturel d'une
beauté envoûtante ne se reproduira pas avant quatre siècles. Des millions
de visiteurs sont attendus.
Après
avoir saisi la pointe sud-ouest de l’Angleterre, une profonde obscurité
tombera à 12 heures 16 exactement pendant plus d’une minute et demie
sur le Nord-Cotentin. Le cône d’ombre poursuivra sa course folle à
2 850 km/h, balayant la Normandie sur une bande de 110 km de large
- "la bande de totalité", avant de filer vers l’est et disparaître
à tout jamais dans le golfe du Bengale.
Le phénomène est provoqué par le passage de la Lune devant le Soleil
qui projette un cône d’ombre à la surface de la Terre, d’autant plus
impressionnant qu’il est soudain. L’éclipse est d’abord partielle
quand la Lune recouvre progressivement le disque solaire. Il fait
cependant encore jour, même si la lumière est atténuée. Les oiseaux
chantent comme au crépuscule. Et, brutalement, l’obscurité tombe,
au moment précis où disparaît la dernière parcelle de Soleil : c’est
la nuit en plein midi. L’atmosphère se refroidit et durant les quelques
minutes d’obscurité, les étoiles sont soudain visibles. Le disque
noir de la Lune est perlé de rose vif tandis que se dessine une large
auréole argentée.
"Tous ceux qui ont eu la chance de voir ce spectacle en gardent
un souvenir merveilleux. Les amateurs du monde entier se déplacent
en grand nombre pour y assister. Les conditions d’accueil et d’observation
réunies en France permettront de faire converger vers la 'bande de
totalité' des millions de visiteurs si l’on se réfère aux expériences
précédentes dans les autres pays" explique la Société astronomique
de France.
Une éclipse totale du Soleil permet aux astrophysiciens spécialistes
de la couronne solaire de réaliser des observations d’un grand intérêt
scientifique. Pour le grand public, assure la Société astronomique
de France, "c’est l’occasion de vivre des moments exceptionnels
en admirant le spectacle de ce soleil devenu noir dans un ciel noir,
mais un soleil magnifié par ses protubérances et par les jets de sa
puissante couronne."
Mission Éclipse 1999 : http://www.iap.fr/eclipse99/
W.O.
Left in the Dark
Solar
eclipse fanatics will not have to travel too far next year, if they
wish to stargaze at high noon. A total eclipse is due to occur on
August 11th 1999, when the Moon will move across the face of the Sun
and cast its shadow over the tip of Cornwall and parts of Normandy.
Only occurring on average every 370 years at any one place, it is
hardly surprising that our forebears found this phenomenon so terrifying:
the birds stop singing, the atmosphere rapidly cools, the stars suddenly
become visible and the Moon’s black disk is surrounded by a wide,
silvery, halo. Given its closeness to the third millennium, we too
may feel slightly unnverved.
Among the millions of people who flock to experience two minutes of
darkness in the 110-km wide ‘zone of totality’ within the umbra will
be astronomers, who will use this occasion to study the sun’s corona.
They, like everyone else, will have to wear protective glasses if
they are to avoid permanent (but insidiously painless) damage to the
retina.
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