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Edito
Question pour un ministre
Le budget pour la France
1999 est ficelé. Le ministre des Finances est satisfait.
Question : Monsieur le ministre, que pensez-vous de cette réflexion
que vient de faire Steven Spielberg au festival de Deauville : "Si
j’avais tourné Saving Private Ryan en Normandie, comme j’en avais
l’intention, le budget de l’entreprise serait passé de 65 à 95 millions
de dollars ?"
Moralité : il a tourné en Grande-Bretagne et en Irlande pour échapper
aux taxes et prélèvements en tout genre à la française.
Que répondre à ce restaurateur normand installé dans le Sud anglais,
rencontré au cours d’un reportage, et qui nous a déclaré : "Si
j’étais resté en Normandie, je posséderais un restaurant qui tournerait
avec cinq employés. Ici, nous en avons douze, pour le même coût, ce
qui nous permet un service plus efficace pour la clientèle."
Enfin, Monsieur le ministre, que répondre à l’un des plus grands banquiers
de Normandie qui nous a conseillé d’installer notre siège social,
justement, dans le Sud anglais ? Après tout, le journal est bilingue,
et l’administration française ne nous fait aucun cadeau, à part les
contrôles en tout genre.
Et puis, fort de vos connaissances, conseilleriez-vous à un jeune
de créer son entreprise en France ou en Grande-Bretagne ? Enfin
n’oubliez pas, Monsieur le ministre, d’expliquer aux artisans comment
s’y prendre pour faire passer leur semaine de travail de 70 heures
à 35 sans faire couler la boîte. La rédaction sera ravie de publier
vos réponses, pour l’édification de ses lecteurs.
Christian
Génicot
Minister's
Question Time
France’s 1999 budget is
all wrapped up and the French Finance Minister is looking very pleased
with himself.
Question : Would he care to comment on remarks made by Steven Spielberg
at the Deauville American Film Festival to the effect that had he
filmed Saving Private Ryan in Normandy, as he initially intended,
the budget for the whole enterprise would have gone up from $65 million
to $90 million?
The moral of this tale is that he shot the film in Britain and Ireland
to escape France’s notoriously high taxes and social insurance contributions.
Would he like to comment on remarks made by a restaurateur from Normandy,
now living in the South of England, who told us that ‘Had I remained
in Normandy, I would have a restaurant employing five people, whereas
here I have twelve workers for the same price, which means we can
provide customers with a better service’?
Lastly, would he care to tell us what to say to one of Normandy’s
foremost bankers, who has advised us to move our head office to the
South of England? After all, our magazine is bilingual, and the French
authorities certainly do not do us any favours, apart from constantly
sending us investigators of every kind. We thank the Minister for
his answers. Given his intimate knowledge of the subject, would he
advise a young person to set up a new business in France or in Britain?
Lastly, would he remember to explain to managers of small businesses
how they can reduce the length of the working week from seventy to
thirty-five hours without going bankrupt? The editors of this magazine
would be delighted to publish his solution, for the greater edification
of their readership.
Le choc de Saving Private
Ryan
Après
avoir conquis le festival du cinéma américain de Deauville,en présence
du réalisateur, le film de Steven Spielberg, Saving Private Ryan,
est sur nos écrans. Un bel hommage rendu à tous ceux qui débarquèrent
en Normandie pour défendre la liberté.
"Je suis venu à Deauville
en 1978" a expliqué Steven Spielberg au cours d’une conférence
de presse. "C’était encore un petit festival et nous étions là
pour le plaisir d’être dans cette jolie ville normande. C’est à cette
époque que je suis allé à Omaha.
Pourquoi faire le film
maintenant ?
- Je voulais parler de cette guerre avant la fin du millénaire.
Aux États-Unis, on oublie trop souvent le passé pour vivre le futur.
Il est important de rappeler ce qu’on fait les vétérans. Lorsque nous
avons tourné la scène dans le cimetière d’Omaha, personne ne parlait
; ce lieu est très chargé, rempli d’émotions. Toutes ces croix blanches,
alignées par centaines, sont les témoins muets de ce qui s’est produit
sur les plages du Débarquement. Il n’y a rien à dire. Pour beaucoup
de vétérans, beaucoup de choses ne sont pas encore résolues. Définitivement,
on ne sort pas indemne d’une telle aventure.
La mer était-elle aussi
rouge que vous le montrez ?
- Oui. les soldats qui ont débarqué le 6 juin 1944 nous ont dit l’avoir
vue aussi rouge.
Avez-vous eu recours
aux effets spéciaux ?
- Il n’y a aucune image de synthèse. Nous avons enlevé 60 % de la
couleur pour lui donner un caractère plus authentique. C’est bien
la première fois que je cherche à avoir une image de moins bonne qualité.
Pourquoi, en dehors
des courtes scènes au cimetière d’Omaha, n’avez-vous pas tourné en
Normandie ?
- Au départ, je voulais évidemment tourner en France mais le poids
des taxes et des charges sociales m’a fait changer d’avis : le budget
du film passait de 65 à 95 millions de dollars. Alors qu’on nous a
donné toutes les facilités pour tourner en Angleterre et en Irlande.
Le drapeau américain
est très présent dans ce film. C’est la glorification du pays ?
- Contrairement à ce que l’on croit, il y a beaucoup de cynisme aux
USA à l’égard du drapeau américain. J’espère qu’en voyant le film,
les gens vont changer d’attitude. Ils ne doivent pas oublier que des
milliers de jeunes soldats sont venus mourir ici pour défendre la
liberté."
WO
Retrouvez l'intégralité
de l'interview de Steven Spielberg dans le numéro 148 de Normandie
Magazine.
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Promoting
Private Ryan
He
may have been too busy filming further up the coast last year, but
Steven Spielberg was only too pleased to attend this year’s American
Film Festival in Deauville, even holding a press conference there
to promote his latest blockbuster Saving Private Ryan. He actually
made the journey to Deauville way back in 1978, ‘when the festival
was on a far smaller scale’. It was on this occasion that he visited
the war cemetery at Omaha Beach. ‘It’s so highly-charged, so full
of emotions. Row upon row of hundreds of white crosses -the silent
witnesses to what happened on the beaches. There’s just nothing you
can say. For many veterans, many things remain unresolved. You definitely
can’t come through that sort of adventure unscathed.’ For Spielberg,
the timing is significant. ‘I wanted to talk about this war before
the end of the millennium. In the States, we all too often forget
the past in order to live the future. You have to distance yourself
before you can talk about a war. Over the past fifty years, we’ve
had time to analyze what happened during that terrible period in the
history of mankind.’
Moving on to more technical
aspects, Spielberg had to assure journalists that the sea really had
been that red on June 6th, according to veterans. ‘We didn’t use any
computer-generated images, we just removed 60% of the colour to give
it a more authentic look. It’s certainly the first time I’ve deliberately
set out to get a poorer-quality image’. Apart from a few short sequences
at the cemetery, all the filming was done in England and Ireland,
due to the burden of taxes and social insurance in France. ‘The budget
for the movie would otherwise have gone up from $65 to 95 million’.
British audiences may resent
the way the film gives the impression that the Americans managed D-Day
single-handed. However, Spielberg takes accusations of sentimental
patriotism as compliment. ‘There’s a great deal of cynicism in the
States about the American flag. I hope that when people see the movie
they’ll change their attitude. They shouldn’t forget that thousands
of young soldiers came here and laid down their lives in the cause
of freedom’.
For further information,
contact Normandie-Magazine -
BP 414 - 50004 Saint-Lô cedex - Tel. (33) 233773270
Humour
Te fais pas de Bill !

Cher Bill Clinton, mais
que faites-vous à la Maison Blanche ? Fallait venir à l’Élysée ! Aux
petits soins, qu’on aurait été pour vous. Non seulement vous auriez
pu y avoir des maîtresses mais aussi faire des enfants ! Bien entendu,
maîtresse et enfants auraient vécu dans les palais de la République.
Personne n’aurait songé à vous critiquer. Au contraire, le peuple
aurait eu quelque indulgence pour vous, il se serait attendri de si
touchantes histoires d’amour.
La presse en France n’est pas si frivole qu’on le dit. Il est vrai
que s’il nous fallait dénoncer tous les présidents de Département,
de Région, de district, de SIVOM, de chambres de commerce, de communautés
urbaines… qui ont une maîtresse ou un amant, on n’en sortirait pas
! Il vaudrait mieux carrément dénoncer ceux qui n’en ont pas ! Ce
ne sont pas les jeunes femmes ambitieuses qui manquent en Normandie
comme ailleurs, mais ici, sous les pommiers, et dans les bottes de
foin, on a du savoir-vivre.
Et pas question, cher Bill, de faire passer quoi que ce soit sur Internet.
En Normandie, tout se raconte au cours des repas. « Ah, vous ne savez
pas ! Mais à la préfecture… - Non ? - Mais si ! - Pas possible ! -
Non seulement, monsieur, il l’emmène partout, mais il lui a offert
un bel emploi ! - Mais tout le monde connaît son mari ! - Oui, mais
il se tait, car cela lui rapporte. - Invraisemblable ! Et ils s’affichent
partout ! »…
Voyez, cher Bill, comme en Normandie les mœurs sont douces. Jamais
nous ne condamnerons ces relations « inappropriées », parce que nous
sommes tous condamnables. Cher Bill, laissez donc tomber cette Maison
Blanche qui vous en fait voir de toutes les couleurs. Et venez débarquer
en notre bonne Normandie. Nous avons assez d’institutions, de palais
et de joli(e)s stagiaires pour que vous puissiez vivre heureux le
reste de votre âge. Écrivez au journal à votre serviteur qui fera
suivre : Fittoto, Square Fittoto, Saint-Lô (France).
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