Au sommaire du numéro Septembre-Octobre 1998

Edito
Question pour un ministre
Minister's Question Time

A la Une
Le choc de Saving Private Ryan
Promoting Private Ryan

L'évenement
Transgénique : entre l'espoir et la panique
The day of the GMOs
Après le drame de la vache folle, qui est loin d'être terminé, sur quoi débouchera la création d'aliments transgéniques ?
C'est à un élu normand, Jean Bizet, que le Sénat a demandé un rapport sur la question. Le sénateur duSud Manche espère que son travail ne restera pas vain, que les aliments transgéniques feront l'objet d'un débat au parlement début octobre à travers la loi d'orientation agricole afin que les consommateurs sachent exactement ce qu'il y a dans leur assiette.
En attendant, l'etiquetage des produits est obligatoire depuis début septembre. Consommateurs ouvrez l'oeil !

Economie
Ducey joue et gagne
Sur l'autoroute des Estuaires, la ville de Ducey est en train de réaliser un parcours sans faute.
Le Sud de la Manche, pourrait bien gangner un superbe challenge touristique.

Magazine
La sanglante répétition du Jour J
An Exercise in death
Une histoire longtemps restée secrète : celle de la répétition du débarquement, en avril 1944, sur les côtes du Devon. Cette répétition générale du Jour J par les troupes américaines a coûté la vie de près de mille soldats.
Notre correspondant en Grande-Bretagne, Jean Smith-Pasqualini, a retrouvé les photos longtemps classées "top secret" qui montrent de scénario qui allait se jouer le 6 Juin 1944 sur les côtes normandes.

La Normandie dans le bain
Normandie's Bathing Beauties
Au siècle dernier, la Normandie a lancé la mode des stations balnéaires. Sous la Monarchie de Juillet Dieppe, Trouville ou Granville s'étaient déjà fait un nom.

Humour
Te fais pas de Bill !

 

Edito
Question pour un ministre

Le budget pour la France 1999 est ficelé. Le ministre des Finances est satisfait.
Question : Monsieur le ministre, que pensez-vous de cette réflexion que vient de faire Steven Spielberg au festival de Deauville : "Si j’avais tourné Saving Private Ryan en Normandie, comme j’en avais l’intention, le budget de l’entreprise serait passé de 65 à 95 millions de dollars ?"
Moralité : il a tourné en Grande-Bretagne et en Irlande pour échapper aux taxes et prélèvements en tout genre à la française.
Que répondre à ce restaurateur normand installé dans le Sud anglais, rencontré au cours d’un reportage, et qui nous a déclaré : "Si j’étais resté en Normandie, je posséderais un restaurant qui tournerait avec cinq employés. Ici, nous en avons douze, pour le même coût, ce qui nous permet un service plus efficace pour la clientèle."
Enfin, Monsieur le ministre, que répondre à l’un des plus grands banquiers de Normandie qui nous a conseillé d’installer notre siège social, justement, dans le Sud anglais ? Après tout, le journal est bilingue, et l’administration française ne nous fait aucun cadeau, à part les contrôles en tout genre.
Et puis, fort de vos connaissances, conseilleriez-vous à un jeune de créer son entreprise en France ou en Grande-Bretagne ? Enfin n’oubliez pas, Monsieur le ministre, d’expliquer aux artisans comment s’y prendre pour faire passer leur semaine de travail de 70 heures à 35 sans faire couler la boîte. La rédaction sera ravie de publier vos réponses, pour l’édification de ses lecteurs.

Christian Génicot

Minister's Question Time

France’s 1999 budget is all wrapped up and the French Finance Minister is looking very pleased with himself.
Question : Would he care to comment on remarks made by Steven Spielberg at the Deauville American Film Festival to the effect that had he filmed Saving Private Ryan in Normandy, as he initially intended, the budget for the whole enterprise would have gone up from $65 million to $90 million?
The moral of this tale is that he shot the film in Britain and Ireland to escape France’s notoriously high taxes and social insurance contributions.
Would he like to comment on remarks made by a restaurateur from Normandy, now living in the South of England, who told us that ‘Had I remained in Normandy, I would have a restaurant employing five people, whereas here I have twelve workers for the same price, which means we can provide customers with a better service’?
Lastly, would he care to tell us what to say to one of Normandy’s foremost bankers, who has advised us to move our head office to the South of England? After all, our magazine is bilingual, and the French authorities certainly do not do us any favours, apart from constantly sending us investigators of every kind. We thank the Minister for his answers. Given his intimate knowledge of the subject, would he advise a young person to set up a new business in France or in Britain?
Lastly, would he remember to explain to managers of small businesses how they can reduce the length of the working week from seventy to thirty-five hours without going bankrupt? The editors of this magazine would be delighted to publish his solution, for the greater edification of their readership.

Le choc de Saving Private Ryan

Après avoir conquis le festival du cinéma américain de Deauville,en présence du réalisateur, le film de Steven Spielberg, Saving Private Ryan, est sur nos écrans. Un bel hommage rendu à tous ceux qui débarquèrent en Normandie pour défendre la liberté.

 

"Je suis venu à Deauville en 1978" a expliqué Steven Spielberg au cours d’une conférence de presse. "C’était encore un petit festival et nous étions là pour le plaisir d’être dans cette jolie ville normande. C’est à cette époque que je suis allé à Omaha.

Pourquoi faire le film maintenant ?
- Je voulais parler de cette guerre avant la fin du millénaire. Aux États-Unis, on oublie trop souvent le passé pour vivre le futur. Il est important de rappeler ce qu’on fait les vétérans. Lorsque nous avons tourné la scène dans le cimetière d’Omaha, personne ne parlait ; ce lieu est très chargé, rempli d’émotions. Toutes ces croix blanches, alignées par centaines, sont les témoins muets de ce qui s’est produit sur les plages du Débarquement. Il n’y a rien à dire. Pour beaucoup de vétérans, beaucoup de choses ne sont pas encore résolues. Définitivement, on ne sort pas indemne d’une telle aventure.

La mer était-elle aussi rouge que vous le montrez ?
- Oui. les soldats qui ont débarqué le 6 juin 1944 nous ont dit l’avoir vue aussi rouge.

Avez-vous eu recours aux effets spéciaux ?
- Il n’y a aucune image de synthèse. Nous avons enlevé 60 % de la couleur pour lui donner un caractère plus authentique. C’est bien la première fois que je cherche à avoir une image de moins bonne qualité.

Pourquoi, en dehors des courtes scènes au cimetière d’Omaha, n’avez-vous pas tourné en Normandie ?
- Au départ, je voulais évidemment tourner en France mais le poids des taxes et des charges sociales m’a fait changer d’avis : le budget du film passait de 65 à 95 millions de dollars. Alors qu’on nous a donné toutes les facilités pour tourner en Angleterre et en Irlande.

Le drapeau américain est très présent dans ce film. C’est la glorification du pays ?
- Contrairement à ce que l’on croit, il y a beaucoup de cynisme aux USA à l’égard du drapeau américain. J’espère qu’en voyant le film, les gens vont changer d’attitude. Ils ne doivent pas oublier que des milliers de jeunes soldats sont venus mourir ici pour défendre la liberté."

WO

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Steven Spielberg dans le numéro 148 de Normandie Magazine.
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Promoting Private Ryan

He may have been too busy filming further up the coast last year, but Steven Spielberg was only too pleased to attend this year’s American Film Festival in Deauville, even holding a press conference there to promote his latest blockbuster Saving Private Ryan. He actually made the journey to Deauville way back in 1978, ‘when the festival was on a far smaller scale’. It was on this occasion that he visited the war cemetery at Omaha Beach. ‘It’s so highly-charged, so full of emotions. Row upon row of hundreds of white crosses -the silent witnesses to what happened on the beaches. There’s just nothing you can say. For many veterans, many things remain unresolved. You definitely can’t come through that sort of adventure unscathed.’ For Spielberg, the timing is significant. ‘I wanted to talk about this war before the end of the millennium. In the States, we all too often forget the past in order to live the future. You have to distance yourself before you can talk about a war. Over the past fifty years, we’ve had time to analyze what happened during that terrible period in the history of mankind.’

Moving on to more technical aspects, Spielberg had to assure journalists that the sea really had been that red on June 6th, according to veterans. ‘We didn’t use any computer-generated images, we just removed 60% of the colour to give it a more authentic look. It’s certainly the first time I’ve deliberately set out to get a poorer-quality image’. Apart from a few short sequences at the cemetery, all the filming was done in England and Ireland, due to the burden of taxes and social insurance in France. ‘The budget for the movie would otherwise have gone up from $65 to 95 million’.

British audiences may resent the way the film gives the impression that the Americans managed D-Day single-handed. However, Spielberg takes accusations of sentimental patriotism as compliment. ‘There’s a great deal of cynicism in the States about the American flag. I hope that when people see the movie they’ll change their attitude. They shouldn’t forget that thousands of young soldiers came here and laid down their lives in the cause of freedom’.

For further information, contact Normandie-Magazine - BP 414 - 50004 Saint-Lô cedex - Tel. (33) 233773270

Humour
Te fais pas de Bill !

Cher Bill Clinton, mais que faites-vous à la Maison Blanche ? Fallait venir à l’Élysée ! Aux petits soins, qu’on aurait été pour vous. Non seulement vous auriez pu y avoir des maîtresses mais aussi faire des enfants ! Bien entendu, maîtresse et enfants auraient vécu dans les palais de la République. Personne n’aurait songé à vous critiquer. Au contraire, le peuple aurait eu quelque indulgence pour vous, il se serait attendri de si touchantes histoires d’amour.
La presse en France n’est pas si frivole qu’on le dit. Il est vrai que s’il nous fallait dénoncer tous les présidents de Département, de Région, de district, de SIVOM, de chambres de commerce, de communautés urbaines… qui ont une maîtresse ou un amant, on n’en sortirait pas ! Il vaudrait mieux carrément dénoncer ceux qui n’en ont pas ! Ce ne sont pas les jeunes femmes ambitieuses qui manquent en Normandie comme ailleurs, mais ici, sous les pommiers, et dans les bottes de foin, on a du savoir-vivre.
Et pas question, cher Bill, de faire passer quoi que ce soit sur Internet. En Normandie, tout se raconte au cours des repas. « Ah, vous ne savez pas ! Mais à la préfecture… - Non ? - Mais si ! - Pas possible ! - Non seulement, monsieur, il l’emmène partout, mais il lui a offert un bel emploi ! - Mais tout le monde connaît son mari ! - Oui, mais il se tait, car cela lui rapporte. - Invraisemblable ! Et ils s’affichent partout ! »…
Voyez, cher Bill, comme en Normandie les mœurs sont douces. Jamais nous ne condamnerons ces relations « inappropriées », parce que nous sommes tous condamnables. Cher Bill, laissez donc tomber cette Maison Blanche qui vous en fait voir de toutes les couleurs. Et venez débarquer en notre bonne Normandie. Nous avons assez d’institutions, de palais et de joli(e)s stagiaires pour que vous puissiez vivre heureux le reste de votre âge. Écrivez au journal à votre serviteur qui fera suivre : Fittoto, Square Fittoto, Saint-Lô (France).

 

68 pages tout couleur
20 F / £2
Mensuel

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