La mort aux trousses
    ADIEU LADY DI

    Le 31 août à Paris, la chasse à la princesse Diana a connu une issue tragique.
    Certains de nos confrères l'avaient prévu. Mais qui écoute Cassandre ?
    'Like a fatal desease,
    they will be with her until death'

Le Havre : pas si Crazy, George
The Price of Poverty
Destiné aux très petits budgets, Crazy George's s'installe au Havre.

Immobilier : achetez maintenant !
A l’instar des ingénieurs de la fusée Ariane, les professionnels de l’immobilier appellent cela une "fenêtre", ce moment à ne pas manquer pour lancer la fusée. Rarement autant de paramètres auront été réunis pour acquérir un bien dans les meilleures conditions.

Quelques exemples de prix
Prix du neuf des appartements vendus en 1996 (pour un trois pièces) :
Louviers : 415 000 F,
Vernon : 1 162 850 F,
Pont-Audemer : 447 500 F
Prix du mètre carré ancien de moyen standing construits entre 1970 et 1985 :
Evreux : de 5 800 F à 6 800 F le m2, voire 8 000 F pour situation très centrale.
Rouen : 5 650 F (nouvelle préfecture), 6 880 F (gare Saint-Gervais), 6 920 F (centre cathédrale), 6 790 F (Boulingrin), 5 510 F (Saint-Sever), 5 940 F (jardin des plantes)
Le Havre : 4 680 F (centre ville), 5 800 F (centre ville reconstruction), 5 010 F (Sanvic), 4 060 F (Bléville), 2 990 F (Eure et port), 4 140 F (Graville Aplemont).
Prix par pièce de la maison individuelle :
Au niveau départemental : 105 000 F,
périphérie rouennaise : 109 000 F, périphérie havraise : 124 000 F, Pays de Caux : 92 000 F, Pays de Bray : 87 000 F, littoral : 81 000 F, agglomération dieppoise : 102 000 F, ville de Rouen : 125 000 F, ville du Havre : 110 000 F.

La marée était en noir
La mini marée noire au Havre de cet été vient d'attirer une nouvelle fois l'attention sur l'importance de la sécurité.

André Hambourg :
la traversée du siècle.
Jusqu’au 24 octobre, l’espace Claude-Monet à Sainte-Adresse (près du Havre) présente soixante-dix ans de peinture d’André Hambourg, cet éternel jeune homme dont le métier et l’enthousiasme entreront dans le XXIe siècle.

Fils d’un émigré russe et d’une jeune et belle Espagnole, André Hambourg naît à Paris en 1909. Ses talents de dessinateur s’éveillent quand il a cinq ou six ans et se développent tout au long de son adolescence ; il opte alors pour la sculpture avant d’aborder la peinture, en 1927. Des années d’apprentissage pas faciles d’un point de vue financier : "Un peintre se doit de posséder un atelier. A l’époque un atelier, se devait d’être situé à Montparnasse. Hambourg n’avait pas vingt ans quand il s’installa au 9 de la rue Campagne-Première, dans un réduit sous le toit qui, puisqu’il était occupé par un peintre, méritait donc d’être qualifié d’atelier."

"Il lui fallut cependant sortir de l’obscurité des rues parisiennes. Connaissant par cœur les toiles de Courbet, il eut envie de voir Etretat. Il découvrit du même coup Honfleur, Le Havre. A bien des points de vue, ce fut probablement la rencontre la plus importante de sa vie, celle qui, pour une bonne part, allait fixer son destin. La lumière normande lui apparut extraordinaire. Elle imprégnait le paysage et semblait née de lui. Elle avait toutes les qualités : humide, nuancée, changeante, forte et douce à la fois. Hambourg avait trouvé son éclairage. Et, pour une bonne part, son inspiration." Cette lumière sera avec lui tout au long de son œuvre. Régulièrement il revient en Normandie comme pour se ressourcer et faire un signe d’amitié aux ciels de Courbet.

Exposition visible jusqu’au 24 octobre.
Ouvert tous les jours de 14 heures à 18 heures.
Espace Claude-Monet (face à la mairie)
à Sainte-Adresse
Tél. 02 35 54 54 05

La mort aux trousses
ADIEU LADY DI

Il y a juste dix ans, le 9 septembre 1987, pour fêter Guillaume le Conquérant, Lady Diana était venue à Caen marquer par sa présence les liens qui unissent la Normandie à l’Angleterre. Puis, à Bayeux, elle s’était arrêtée longuement devant la Tapisserie. La Normandie avait été séduite par son extrême gentillesse et sa simplicité. Ce voyage officiel chez les cousins normands n’intéressait pas les paparazzi. Pas assez croustillant. Mais, à Londres, la poursuite cruelle et incessante de la princesse de Galles reprendra de plus belle. Dans un article publié le 4 mai 1997 dans The Independent on Sunday, Marianne Macdonald poussait un cri d’alarme : "Si ce harcèlement continue, quelqu’un pourrait bien mourir, et il se pourrait que ce ne soit pas un paparazzo".

Marianne Macdonald, vingt-neuf ans, a passé quatre ans à The Independent on Sunday. L’idée de cet article lui est venue un jour où Diana, en colère, avait demandé à un passant d’enlever la pellicule de l’appareil d’un photographe. "J’ai voulu savoir comment c’était d’être suivie et j’ai demandé à un de ces paparazzi de me laisser l’accompagner pendant deux ou trois jours quand il traquait la princesse. J’ai été très frappée de la manière dont lui et les autres photographes la traitaient. Cela n’avait rien de civilisé, c’était la guerre."
Les paparazzi passaient le plus clair de leur temps à "faire" la princesse, ou, comme ils disent, à la "shooter" et la "mitrailler". Des mots d’une extrême violence. Paradoxalement, s’ils passaient leur vie à essayer de se rapprocher de Diana, ils évitaient à tout prix de lui parler. Ce qui les déconcertait particulièrement, c’est ce qu’ils appelaient les "attaques de la folle". Ces crises de colère et de larmes étaient devenues de plus en plus fréquentes à mesure que faiblissaient la patience et la résistance de la princesse.
Grâce aux images volées à Diana, un de ces paparazzi, Mark Saunder, gagne -ou plutôt- gagnait environ 750 000 francs par an.
"Je suis sûre que Saunders n’est pas fier de ce qu’il fait, mais il ne l’admettra jamais » écrivait Marianne Macdonald. Il lui déclara même, indigné : "Diana a dit un jour qu’être photographiée ainsi tout le temps, c’était comme être violée. Comparer cela avec l’une des offenses les plus graves que l’on puisse commettre envers une femme, c’est une insulte envers quiconque a été violé, ou qui travaille dans un centre qui s’occupe de personnes victimes du viol."

Au cours de cet entretien célébrissime à la BBC, Diana avait montré sa fragilité émotionnelle qui la rendait sans doute particulièrement vulnérable à ce "viol". A cette occasion, elle avait directement évoqué le traitement qu’elle subissait de ces hommes. "Je ne sais jamais quand je vais trouver un objectif devant moi... Un jour ordinaire, je suis suivie par quatre voitures ; un jour ordinaire, je retourne à ma voiture et je trouve cinq ou six photographes indépendants qui s’agitent autour de moi. Ils ont décidé que je suis un produit qui se vend encore bien après quinze, seize ans, ils sont tous à me crier 'Allons, Di, regarde moi, donne-moi une belle photo et je pourrai envoyer mes enfants dans une meilleure école'. Je ne peux pas le supporter parce que c’est devenu abusif et harassant. Ça n’arrête jamais, absolument jamais..."
Saunders a même écrit un livre, Dicing with Di, où il raconte les exploits de lui-même et de ses confrères, qui réduisaient souvent Diana à des états proches de la crise de nerfs. Ainsi ce jour de 1993 où la princesse emmena ses enfants voir Jurassic Park. En sortant du cinéma, ils tombent sur un autre de ses tortionnaires attitrés, Glenn Harvey, qui raconte la scène dans le livre : "C’était Diana, mais Diana comme je ne l’avais jamais vue auparavant. C’était bien son visage mais il était rouge et convulsé. Elle accourait vers nous à travers la foule. Ses yeux étaient fixés sur nous et la voilà qui laisse échapper un cri sauvage, animal. Les centaines de pigeons qui picoraient s’envolèrent vers le ciel. Des touristes, choqués, s’arrêtèrent pour nous regarder. William et Harry se mirent à courir pour voir ce qui causait tout ce bruit. Les hurlements des monstres qu’ils avaient entendus dans le film n’ont pas pu les terrifier davantage que celui-ci. "Vous faites de ma vie un enfer, hurla-t-elle. Elle était déjà sur Keith, les veines de son cou gonflées, le visage déformé par la colère. VOUS FAITES DE MA VIE UN ENFER !"
"Choqué et tremblant, Keith posa ses appareils sur le sol. Diana semblait maintenant gênée et embarrassée de son éclat. Les mains couvrant son visage, elle se dirigea vers sa voiture. Elle essuya quelques gouttes de sueur sur son front et courut même pendant quelques mètres, pleurant toujours de rage. William et Harry se lancèrent à sa suite, très préoccupés maintenant par l’état de leur mère. La voiture démarra rapidement avec Diana pleurant, la tête plongée dans les mains..."
Menaçant l’équilibre nerveux de la princesse, la poursuite devenait de plus effroyablement dangereuse en voiture. Saunders raconte ainsi une de ces scènes de chasse. Seule dans sa voiture, Diana quitte Londres lorsqu’elle se rend compte qu’on la suit. Elle force Saunders à la doubler et "se met à rouler très vite juste derrière lui, pare-chocs contre pare-chocs sur l’une des routes les plus dangereuses d’Europe... Elle semble possédée. Elle gesticule comme une folle, une seule main sur le volant. Sa voiture n’est qu’à quelques millimètres de la nôtre. Au risque de nous tuer tous, j’accélère. A environ 190 km/h, je la sème et je réussis, Dieu sait comment, à me faufiler dans la file du milieu. Diana nous double à grande vitesse." Saunders indique que Diana brûlait souvent les feux rouges et dépassait les limites de vitesse afin d’échapper à ses bourreaux. "Si ce harcèlement continue, concluait Marianne Macdonald de façon prophétique, ce ne sera pas seulement des larmes qui seront versées. Quelqu’un risque d’y laisser la vie et ce ne sera pas forcément un paparazzo."
"Je ne pensais pas forcément à la princesse" précise la journaliste. "Je croyais que ce serait peut-être un passant. Mais, pour moi, il était clair que quand on poursuit quelqu’un à grande vitesse et quand cette personne essaie de s’échapper à grande vitesse, en brûlant les feux rouges, il va y avoir une victime." Parce que Diana a trouvé la mort à Paris, les Français se sentent tous vaguement coupables. "Mais cela aurait pu se produire absolument partout car les paparazzi la poursuivaient absolument partout." Le grand public ressent également un sentiment de culpabilité en tant que consommateur effréné des images de la princesse. "Mais je pense que Diana était coupable aussi. Elle avait voulu épouser Charles et elle devait quand même savoir ce que cela voulait dire, au moins jusqu’à un certain point. La famille royale doit reconnaître qu’elle ne la protégeait pas suffisamment. Elle aurait pu lui fournir un chauffeur et une voiture avec des vitres occultées."

La mort de Diana changera-t-elle quelque chose ? "La famille royale sera peut-être traitée avec un peu plus de respect à cet égard, mais je ne pense pas qu’il y aura de grands changements en fin de compte. Il y a tellement d’argent à faire, les média sont tellement mondialisés et le culte des célébrités est si énorme. Changer les attitudes ne sera pas chose facile." Marianne Macdonald a maintenant quitté The Independent on Sunday pour The Observer, où elle s’est spécialisée dans les interviews. Cet article sur Diana est l’un de ceux de sa jeune carrière dont elle est la plus fière, même si elle aurait préféré que cette prémonition ne se transforme pas en réalité. "Mon article était un avertissement, un avertissement que personne n’a entendu. C’est pourquoi je ressens aujourd’hui une grande tristesse et j’ai le sentiment d’un immense gâchis"

Dossier réalisé par
Catherine Forestier, Elizabeth Wiles-Portier et Christian Génicot.

‘Like a fatal disease,
they will be with her until death’

Not all journalists make up celeb stories for tabloid newspapers and not all journalists approve of those who do. Take Albert du Roy, a respected figures in the media, whose latest work, Carnival of the Hypocrites, concludes that respect for people’s private lives has gone for good. The circumstances surrounding the death of the Princess of Wales have done nothing to change his views. The problem is that it is difficult to set hard-and-fast rules about what is and is not acceptable. Certainly, the period of self-restraint arising from this tragic event is likely to be brief, because ‘what happened that night was the result of a system and all the components of that system remain in place.’ In effect, stars still feel a need for us to talk about them, even about their private lives, readers still have an insatiable appetite for information about the private lives of the stars they identify with and the media are more than happy to satisfy that demand. For once, it does not all come down to money.

Kept at a safe distance by the glossy paper and printed word, we fail to realize that society’s carnival of the hypocrites actually involves real people, whose lives are sometimes destroyed either literally or metaphorically. And yet the warnings are there. Only this May, another journalist wrote a startlingly prescient article on the behaviour of the paparazzi. It was Marianne Macdonald who ‘blew the whistle’, turning the spotlight on the curiously shy men whose main occupation was ‘blitzing’, ‘targeting’ and ‘whacking’ Diana. These are violent verbs, but then, ‘make no mistake. It was not civilized. It was war’. Paradoxically, although they spent their lives trying to get close to Diana, talking to her was the last thing they wanted. They casually referred to her angry and tearful confrontations as ‘loon attacks’ -incidents which became increasingly frequent as her patience and stamina began to give way. They could not -or would recognize that her obssession with her appearance might be their doing or that her boring life might actually have been curtailed by their relentless stalking.

One of their number, Mark Saunders, makes -or made- around £75,000 a year from Diana pictures and regularly staked out KP (Kensington Palace) and her gym in Fulham. Pictures of Diana getting into taxis fetched high prices and in the article he recalled one particular incident when ‘she got into a taxi and we were all surrounding it trying to snap her and she buried her head. A Spanish photographer shouted: ‘Put your fucking head up and start acting like a fucking Princess!’ She jerked her head up and said: ‘What!’-very angry, like. And we got the snap.’ In the famous Panorama interview, where she revealed the emotional frailty which may have made her particular vulnerable to this virtual rape, she talked about the relentless pursuit. ‘I can’t tolerate it because it’s become abusive and harassment. It goes on and on and on and the story never changes...’

The destruction of her life became such an absorbing activity that Saunders was actually able to write an entire book about it. Dicing with Di included the following description of a terrifying car chase. Alone in her car, driving out of London, Diana realized she was being tailed and forced Saunders into overtaking her. She then accelerated and ‘the cars carried on, bumper to bumper, in the fast lane of one of Europe’s most dangerous roads... She looked possessed. She was driving with only one hand, the other gesturing wildly at me. Putting our lives on the line, I increased my speed. At about 120 mph I lost her and managed to slip into the middle lane. Diana sped past’. The book suggested that Diana often jumped lights and broke speed limits to escape her tormentors and, as Marianne Macdonald concluded, ‘If this harassment continues, her story could no longer just end in tears. Someone could die, and it might not be a paparazzo’.

 

68 pages tout couleur
20 F / £2
Mensuel

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