Troisième Transat Jacques Vabre
Transat couleur café

La Transat Jacques Vabre, organisée avec le concours de la Federacion Nacional de Cafeteros de Colombia et la Ville du Havre, est la plus longue des courses transatlantiques.
Le départ sera donné le 11 Octobre prochain avec bien du beau monde à la barre.
Bon vent à cette troisième édition.

Water, Water Everywhere,
and Plenty of Coffee to Drink

Rendez-vous d'été
What's On This Summer
Allez à la rencontre des artistes à Deauville, Vascoeuil, La Hague, Fécamp, Rouen et Brighton.

Le retour du France-Norway
Return visit of the Prodigal Ship
Le navire franchira les digues du port du Havre le 31 Août pour sa seconde visite.

An ecstatic welcome awaited the luxury liner Norway, née France, when she returned to her original home port of Le Havre last year.
At nine o'clock on August 31st, there will be a repeat performance when she arrives from New York.

Marins de Terre-Neuve : les forçats du banc
A Hard Life on the Ocean Wave

Quand on est un terre-neuvas, embarqué pour de longs mois, c'est le résultat de la pêche, et seulement celui-ci qui compte. On n'a pas le droit de se plaindre.
La patronne, c'est la mer, et au port on attend votre cargaison...

Troisième Transat Jacques Vabre
Transat couleur café

La Transat Jacques Vabre, organisée avec le concours de la Federacion Nacional de Cafeteros de Colombia et la Ville du Havre, est la plus longue des courses transatlantiques.
Le départ sera donné le 11 octobre prochain avec bien du beau monde à la barre.
Bon vent à cette troisième édition.

Autant le dire, lorsque les organisateurs de la première Route du Café annoncèrent, en 1993, le lancement d'une grande course à la voile entre Le Havre et Carthagène (Colombie), les réactions furent plus sceptiques qu'enthousiastes. " Une de plus " disait-on en substance. Il faut reconnaître que le calendrier des compétitions était déjà chargé. En un mot, trop de courses tue la course.
Pourtant, à la veille du départ de la troisième édition, rebaptisée depuis " Transat Jacques Vabre ", le rêve océanique a largement pris le pas sur les empêcheurs de naviguer tout droit. Le succès est là, populaire et médiatique : 339 passages à la télévision et 1 300 articles de presse lors de la seconde course, en 1995. Les quais havrais se souviennent de ces journées baignées de soleil, de cette foule admirative devant les marins qui allaient se lancer dans une formidable chevauchée de plus de 5 000 milles (9 000 km) au-dessus de l'Atlantique comme, jadis, les fiers clippers qui partaient du port normand pour rapporter du Nouveau Monde les cargaisons de café.

Cette année, tout le gratin de la voile est à nouveau au rendez-vous. Les Joyon, Bourgnon, Peyron, Vatine (double vainqueur de la course), Gautier, Pete Goss (le sauveteur de Raphaël Dinelli lors du Vendée Globe), et autres Maurel vont amarrer leurs bateaux à partir du 4 octobre dans le bassin des Docks, lieu historique du débarquement du café où l'on nous promet durant une semaine une série d'animations colorées. Il y aura même le mythique Eric Tarbaly pour partager l'aventure avec Yves Parlier. Le parcours est libre jusqu'aux Antilles. Ensuite les multicoques iront virer l'île de La Barbade, puis Saint-Barthélémy avant de mettre le cap sur Carthagène. Les monocoques auront pour seul point de passage Saint-Barthélémy.
Le coup de canon donné le 11 octobre en rade du Havre sera l'annonce d'une belle bagarre jusqu'à l'arrivée, environ quatorze jours plus tard, en Colombie.

W.O
D'autres informations sur la Transat Jacques Vabre p.24 du numéro Août-Septembre de Normandie-Magazine.

El Señor Café

Pour célébrer cette troisième Route du Café, nous avons demandé à l'écrivain colombien Arnoldo Palacios d'imaginer un texte. Il a choisi de ne pas prendre la parole... mais de la donner à un simple grain de café.

Supposons qu'on demande à un grain de café, né, élevé en Colombie, de nous dire deux mots sur son existence. " Je dirais d'abord ", répond le grain de café, " que la première trace de mes origines, on la trouve en Afrique, tout comme celle de l'humanité, d'ailleurs. Il est dit qu'on m'a surpris dans les forêts africaines d'Abyssinie ou d'Éthiopie, plus spécialement. Coutume entre autres coutumes, pendant un certain temps, on donna aux Africains le nom d'Éthiopiens à cause, certainement, de leur couleur. J'affirmerais ensuite que le café emprunta aux esclaves africains transportés en Amérique le même itinéraire imposé par les conquistadores et les colonisateurs européens, en vue d'extraire par leurs bras d'ébène et leur sang des métaux précieux - l'or avant tout - et puis pour cultiver la terre et procurer à l'Europe de colossales richesses et cimenter en elle le pouvoir qu'elle détient encore. Ce n'est pas tout : sans abandonner l'or, on me choisit pour utiliser les immenses propriétés agricoles, les latifundia de Colombie, faisant du café la culture privilégiée de l'économie colombienne, en réalité au pouvoir de quelques mains. Moi, modeste grain de café, je fais partie de milliers de sacs exportés par d'immenses navires comme ceux de la Compagnie Floto Mercante Grancolombiana. Bref... mises à part mes aventures ou mes misères, - car elle est tragique la vie d'une famille d'hommes et de grains de café dans une plantation - je continue mon chemin de par le monde, en produisant des devises, en produisant des dollars ".

La Colombie est parvenue à compter jusqu'à 80 % de rentrées de ses devises grâce au café. On estime que pas moins de neuf cent mille hectares sont consacrés aux plantations de café. L'industrie caféière est représentée dans le pays et dans le commerce international par la Federación Nacional de Cafeteros " ont le but principal est la défense des intérêts du produit ". Mais on a constaté un triste bilan : 49,6 % des familles cultivent moins de cinq hectares avec un niveau de vie particulièrement bas.

Comment le café est-il arrivé chez nous ? En suivant les aboutissements de la route de la découverte des Amériques. Dans les premières années du XVIIIe siècle, un marin français embarqua dans un navire en partance pour la Martinique un jeune plant de café et on rapporte que, par des soins très attentifs, il réussit à le maintenir en vie, allant jusqu'à sacrifier sa ration quotidienne d'eau potable pour le sauver de la déshydratation. On peut imaginer ce marin présentant sa plante aux rayons du soleil, la redéplaçant pour lui donner la juste proportion d'ombre, bavardant peut-être avec les ramilles, tout en caressant les feuilles.

De l'île, le café saute au continent et en Colombie, vraisemblablement par le Vénézuela ou les Guyanes ; dans les vallées entre les pentes des Andes, le climat vint alors au café comme une bague à un doigt, les terres bénies se situant entre 800 et 2 000 mètres d'altitude. Puis l'on vit s'adapter la main-d'œuvre rurale constituée de nègres et de métis, surtout, d'indigènes aussi, contraints de faire proliférer le grain au sein d'une société de type colonialiste.

La superficie de la Colombie est de 1 141 748 km2 (deux fois la France), avec des côtes sur l'Atlantique et sur le Pacifique ; des frontières avec le Panama, le Vénézuela, l'Équateur, le Pérou et le Brésil ; 34 millions d'habitants ; capitale : Bogotá. Naturellement, avant la découverte de l'Amérique, y existaient des peuples et des cultures indigènes.
Sa population actuelle est constituée d'un métissage historique de Noirs, de Blancs et d'Indiens. La langue nationale est l'espagnol ; la religion, la religion catholique. La Colombie est bien connue à l'étranger, mais pour des événements violents d'origine économique et politique, ayant des motifs complexes d'inégalités sociales et d'oppression. Cependant, le pays se développe économiquement et culturellement.

En ce qui concerne les relations des Colombiens avec la France, ils lui vouent de longue date une admiration considérable, qui vient de la vieille influence de la Révolution française sur la guerre d'émancipation contre la domination espagnole sur le continent sud-américain. Dans cette optique, le Colombien Antonio Nariño traduisit en espagnol la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen et le Libérateur Simon Bolivar vint en France pour apprendre et organiser son armée selon les méthodes militaires de Napoléon.
Dans les temps antiques, le café était partie constituante de l'alimentation. Comment l'utilisait-on ? J'oserais penser qu'on le mangeait grillé comme les cacahuètes, baigné dans du miel, peut-être. La peau rouge, semblable à la cerise, enveloppe une pulpe légèrement sucrée qui, si on la suce, produit, à la longue, une sorte d'ivresse. Le café a connu des péripéties : en 1646, les viticulteurs de Marseille s'insurgèrent contre le café ; au XVIIIe siècle, le roi de Prusse Frédéric le Grand établit un contrôle sur le café au profit de la bière. D'un autre côté, il conquit sa gloire en donnant son nom au Café Procope, un établissement public de Paris, en 1686. Des personnalités fameuses comme Voltaire et Balzac furent des consommateurs assidus de café.

Arnoldo Palacios

ARNOLDO PALACIOS DU CAFÉ AUX DROITS DE L'HOMME
Écrivain et romancier, Arnoldo Palacios est né en Colombie, à Certegui dans le Choco (la région de l'or et du platine). Tout au long de sa vie, il a multiplié les voyages, notamment en Europe, pour " mieux connaître les hommes et leurs cultures " mais sans jamais oublier le sort difficile de ses compatriotes du Choco, ces descendants d'esclaves auxquels il consacre l'essentiel de son œuvre : Les étoiles sont noires, Les Mamelles du Choco ou encore La Forêt et la Pluie.
Arnoldo Palacios est régulièrement invité par les universités américaines pour traiter du problème de " l'afro-américanité ". Il a trouvé refuge avec sa famille dans une ancienne maison de pêcheur à proximité de Honfleur. De là, il poursuit inlassablement son travail sur la place de ses frères de sang et de cœur dans la civilisation américaine.

Water, Water Everywhere,
and plenty of Coffee to Drink
Coffee is said to have originated in the forests of Ethiopia, but it was in the vast plantations of South America that our European forebears made their fortunes from it - as they did from slaves, Africa's other great export. It was a French sailor who took the first plant as far as Martinique, sacrificing his own water ration to keep it alive. From there, it was a short hop to the American continent and the ideal climate of Colombia, where this valuable commodity now accounts for up to 80% of foreign revenue, though many growers live in abject poverty.

Voltaire and Balzac were both famous coffee drinkers, though the beverage had a chequered history, with Frederick the Great actually introducing controls at one stage to protect Prussian breweries.

For centuries, clippers regularly made the hazardous 5,000-mile voyage to bring precious cargoes of coffee from the New World to the Old. To celebrate that fact, the first Le Havre-Cartagena Coffee Route yacht race was held in 1993. It should be said that links between the two countries have long been close. After all, it was the French Revolution that inspired South Americans to throw off the Spanish yoke and fight for independence. Closer to home (literally), the Colombian writer and novelist Arnoldo Palacios now lives near Honfleur. October 11th will see the third such yacht race get underway, following a week of colourful entertainment. Now a popular and media success, despite initial scepticism, it will feature many big names this year, including Laurent Bourgnon, Loïck Peyron, Paul Vatine (winner of both previous races), Eric Tabarly and Pete Goss, who will be teaming up with the Frenchman he rescued in the Vendée Globe round-the-world race.

A total of seven million francs has been given to the organizers by the City of Le Havre, the Colombian Federation of Coffee Producers and the-Jacques Vabre company, which expects spin-offs in terms of media image and reputation worth sixty million francs.

 

68 pages tout couleur
20 F / £2
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